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Rezig Oueslati Un riche parcours au service de l’hydrothérapie en Tunisie

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Rezig Oueslati Un riche parcours au service  de l’hydrothérapie en Tunisie

Nommé en juillet 2015 à la tête de l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie, la carrière et l’expérience de Rezig Oueslati font de lui un homme ambitieux, avec beaucoup d’objectifs. Au fil des années, il a su gravir les échelons et a été nommé dans plusieurs postes clés, notamment au sein du ministère de la Santé, où il a successivement été en charge de plusieurs départements. Il a dirigé le Centre de Maternité et de Néonatalogie de Tunis, le Centre National de Médecine Scolaire et Universitaire, le complexe thermal de Djebel Oust et plusieurs hôpitaux. Rezig Oueslati est aujourd’hui PDG de l’ONTH et Vice-président de la Fédération Mondiale du Thermalisme et du Climatisme. Dans cette interview, il nous parle de sa carrière, de son poste actuel et de l’hydrothérapie en Tunisie mais s’ouvre également aux lecteurs de Livret Santé pour le connaître de plus près.

Pouvez-vous vous présenter et parler de votre parcours ?

J’ai fait mes études supérieures à la Faculté de Droit et de Sciences Politiques et j’ai soutenu ma thèse à l’Ecole Nationale d’Administrationen 1984, pour devenir Conseiller de Services Publics au sein du Premier ministère. Mon cursus se partage entre le Premier ministère, le ministère de la Justice (particulièrement dans les affaires foncières), le ministère de la Santé publique, ainsi que plusieurs autres centres de responsabilités et de commandement. Ma première nomination était à l’âge de 27 ans en tant que DG du Centre de Maternité et de Néonatologie de Tunis et c’est à partir de là que j’ai commencé à faire mon chemin dans les CHU que ça soit en tant que DG de la Rabta, DG de l’Institut Pasteur, DG de l’Institut National de Neurologie, DG du Complexe Sanitaire de Jbel Oust, etc.

En 2008, j’ai été nommé en tant que DGA de l’Office du Thermalisme, puis PDG en 2015 et c’est un honneur pour moi de succéder aux grands qui ont bâti cette institution depuis 1975, notamment  Mahmoud Ben Hassine, Chedly Karoui, Mohamed Hadj Taieb, Monjia Mahjoubi, et tous ceux qui ont fait de l’Office du Thermalisme ce qu’il est aujourd’hui.

Qu’est-ce que vous aimez faire quand vous ne travaillez pas ?

Je suis un passionné de lecture  et, même si je suis comme tout le monde aujourd’hui, à jour des nouvelles technologies et des réseaux sociaux, la lecture occupe la majorité de mon temps libre. Sinon, j’aime aussi jardiner  et pratiquer du sport. D’ailleurs, j’étais un grand sportif, j’ai pratiqué le football pendant ma jeunesse et jusqu’à maintenant je suis un amateur de foot et je pense que nous devons remercier Bourguiba d’avoir instauré ce système d’activités et de clubs sportifs dans les écoles pour encadrer les jeunes et éviter la délinquance.

Etre à la tête d’une grande institution est certainement un travail plein de responsabilités et de stress. Comment faites-vous pour gérer cela ?

Je suis le PDG de l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie, et je suis également le Vice-président de la Fédération Mondiale du Climatisme et du Thermalisme, et franchement je ne suis pas aussi stressé qu’on ne le croit, parce que je sais gérer mon stress en travaillant en équipe  et, d’ailleurs, j’ai la chance d’avoir des collaborateurs sur qui je peux compter et à qui je peux déléguer les missions et les tâches.

Je suis donc quelqu’un qui joue le rôle de modérateur, de contrôleur et de stratège. J’essaye de gérer mon temps le mieux possible, afin de réaliser le maximum de tâches sans pour autant stresser, même si le monde des administrations est un monde plein de contraintes, mais la clé de la réussite est la bonne gestion du temps.

Quelles sont les clés de la réussite dans la vie professionnelle, selon vous ?

Le travail, le sérieux et la compétence, sans aucune hésitation.

J’ai beaucoup appris de mes patrons, j’essaye aujourd’hui de transmettre ce savoir aux jeunes, et si j’ai un message à leur transmettre, je leur dirais qu’il faudrait être patient  et que rien ne vaut la compétence pour s’imposer dans son domaine.

En parlant de thermalisme, pensez-vous à développer davantage le thermalisme intérieur ?

Nous avons mis en place un plan directeur à travers lequel nous allons exploiter les richesses de chaque région. Dans la période 2010-2015, nous avons fait des investissements de la valeur de 174 millions de dinars et plus de 3000 emplois. Si l’Office du thermalisme et de l’Hydrothérapie a pu aujourd’hui défendre sa position, c’est essentiellement parce qu’il a su exploiter la richesse du pays et en créer davantage ;  il a mis son expertise au service de l’investissement comme le Centre Thermal de Boulaâba, celui de Beni Mtir ou encore le grand projet de Korbous qui est presque prêt pour l’inauguration et la ville thermale à Elkhbeyet à Gabes ainsi que plein d’autres investissements dans plusieurs régions du pays.

Et si vous nous parliez de la nouvelle norme ISO 17680 ?

La norme ISO 17680 est inspirée de la norme tunisienne NT 126.05 relative aux «Services touristiques» et aux «Bonnes pratiques en thalassothérapie». Les experts tunisiens, à savoir l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie et l’Institut National de la Propriété Foncière et de Normalisation, ont pu faire de cette norme une norme internationale après 5 rounds (La Tunisie, la Malaisie, la Corée du Sud, le Portugal, l’Espagne) et c’est un pas de plus pour la Tunisie qui a 60 centres de thalassothérapie, et qui est classée 2ème, de se faire valoir par la science et la Tunisie a la seule structure dans le monde (qui est l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie) qui gère les trois eaux et nous nous distinguons par rapport aux autres pays du monde, qui n’ont pas de structure de référence, parce que nous avons des textes en vigueur et une réglementation claire.

Donc, quand un centre de thalassothérapie est certifié ISO 17680, c’est une garantie de la qualité.

Cette norme est-elle obligatoire ou volontaire ?

C’est évident qu’elle soit volontaire, mais les centres vont adopter cette norme parce qu’ils n’auront pas le choix, vu les facilités et les garanties qu’elle présente pour leur marketing.

Quels sont les apports de la norme ISO 17680 pour la Tunisie ?

Depuis sa promulgation, les médias étrangers parlent de plus en plus de la qualité des prestations en thalassothérapie en Tunisie. Par exemple, en France, les médias parlent de « la Tunisie qui prend au sérieux la thalassothérapie » et ça renforce notre présence et notre image en matière de thalassothérapie dans le monde.

Quels sont donc vos plans d’action pour cette norme ?

Nous allons d’abord commencer par les formations, nous allons aussi sensibiliser et informer les centres pour adopter cette norme qui ne leur sera que bénéfique et nous allons essayer de voir les possibilités de financement public pour la création d’un fonds de soutien pour la mise à niveau des centres de thalassothérapie.

L’ONTH est aujourd’hui de nouveau sous la tutelle du ministère de la Santé, pourquoi ce passage de la tutelle du ministère du Tourisme à celle de la Santé ?

L’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie fait aujourd’hui de nouveau partie du ministère de la Santé. Ceci s’explique par le fait que la thalassothérapie est un produit de santé par excellence. L’eau minérale est un produit alimentaire, et l’ONTH a un laboratoire accrédité pour contrôler et garantir la qualité des eaux minérales commercialisées, en plus de l’eau thermale qui est bénéfique pour la santé, et qu’il a été démontré par des études scientifiques que la thalasso, le thermalisme, les eaux douces procurent le bien-être de l’individu et préviennent plusieurs maladies. Donc le label de l’Office du Thermalisme et d’Hydrothérapie tourne autour de la santé par excellence.