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Samia Akrout Yaïche

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Samia Akrout Yaïche

Architecte et urbaniste de formation, Samia Akrout Yaïche est une vraie passionnée pour ce métier qui allie création et technique, ainsi que patrimoine et aspect socio-humain. Directrice générale de l’Association de Sauvegarde de la Médina (ASM), elle a su mener des projets qui, aujourd’hui, sont cités comme référence et qui sont primés par les hautes instances internationales. C’est sous sa direction que le beau livre « Tunis, Patrimoine vivant » a vu le jour. Elle nous parle de son rapport à la santé.

par Salem Djelassi

Quelle est votre recette pour être en bonne santé ?

Je mange équilibré, j’évite les excès et je bouge en faisant un peu de sport, entre marche et natation.

Vos plats préférés…

Pour ne rien vous cacher, j’adore cuisiner et j’y réussis très bien. Mes plats préférés sont issus de la cuisine traditionnelle et je les prépare avec plaisir, même si je n’ai pas beaucoup de temps. Mais, pendant les vacances et au mois de ramadan, je profite d’une plus grande disponibilité pour concocter les mets que j’aime. Le couscous au poisson et les spaghettis aux fruits de mer sont mes péchés mignons. En outre, je trouve que la cuisine tunisienne est un art à préserver parce qu’elle est équilibrée et saine.

Faut-il faire attention à son assiette aujourd’hui ?

Évidement ! Actuellement, je me méfie de tout ce qui est fruits et légumes, que j’aurais préféré cultiver dans mon jardin, tant on y met de produits chimiques et Dieu sait quoi encore !

Vous avez beaucoup voyagé, quels sont les plats qui vous ont marqué ?

J’ai, effectivement, visité une cinquantaine de pays de par mon métier. J’aime bien découvrir les spécificités culinaires, ainsi que les cuisines thaïe et chinoise revisitées. J’ai, cependant, remarqué qu’en Méditerranée, on mange plus ou moins équilibré… Cela n’a rien à voir avec la cuisine de l’Orient, où il y a prédominance de viandes grasses agrémentées de smen, par exemple. C’est très lourd. En Syrie, un pays producteur d’huile d’olive, j’ai été étonnée de voir les gens cuisiner avec de la margarine. Non ! Je trouve que notre culture culinaire est basée sur une alimentation plus équilibrée que celle de l’Orient. Malheureusement, nos enfants s’en sont éloignés et je suis dépitée de les voir manger des pizzas et des sandwichs pleins de frites.

Êtes-vous du genre à avoir recours aux médicaments ou plutôt aux herbes naturelles ?

Je suis plutôt herbes en provenance de notre terroir. Je trouve que c’est une manière très naturelle d’équilibrer l’organisme et de le réconcilier avec son environnement. Côté jus, je ne consomme rien de chimique et j’opterais pour les jus frais. Par ailleurs, j’aime bien tout ce qui est céréales comme la « bsissa ». Chaque saison, je fais ma confiture toute seule à la maison.

Pensez-vous que la famille est un facteur important dans l’équilibre de la santé ?

Je pense que c’est un facteur très important quand les choses vont bien. Pour ma part, j’ai la chance d’avoir un mari très compréhensif. Nous partageons les mêmes goûts et les mêmes intérêts. Et la vie de couple a un rôle à jouer dans l’équilibre, y compris au niveau nutritionnel.

Votre conseil pour les jeunes d’aujourd’hui ?

Il faut avoir une hygiène de vie saine et équilibrée ! Avec les nouvelles habitudes alimentaires, ils devraient faire attention à leur corps et leur santé. De ce point de vue, j’ai l’impression que les filles sont plus conscientes que les garçons.

Son actu

« Tunis, patrimoine vivant », par l’ASM, un livre qui vient de paraître sous la direction de Samia Akrout Yaïche, en collaboration avec Zoubeir Mouhli, Faïka Bejaoui et Abdelkrim Gazzah.

Cet ouvrage offre une vision du travail de restauration architecturale et urbaine de Tunis, tel qu’il a été mené, depuis 1980, par l’ASM. A travers la présentation d’une trentaine de réalisations, il propose un regard nouveau sur la pratique de sauvegarde du patrimoine dans la ville, tout en expliquant les défis techniques qu’il a fallu relever pour la mettre en valeur.
L’ASM a, en effet, franchi de grands pas dans les domaines de la sauvegarde et de la protection du tissu urbain traditionnel, ainsi que dans la revalorisation de l’image de la médina.
« Tunis, patrimoine vivant » montre comment l’intérêt porté à ce patrimoine est indissociable de celui porté au tissu vernaculaire de la vieille ville. Le livre contient, en annexes, une liste des réalisations présentées, un index des édifices, des lieux et des rues, les principales études réalisées par l’ASM entre 1980 et 2012, une chronologie, un glossaire et des repères bibliographiques renvoyant à 60 ouvrages.