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Stratégie nationale de réduction de la consommation de sel, sucre et des graisses

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Stratégie nationale de réduction de la consommation de sel, sucre et des graisses

Un point de presse autour d’un débat-déjeuner a réuni les décideurs en matière de santé, les professionnels de médias et les communicateurs, les responsables des entreprises agro-alimentaires, des représentants de différents ministères (Commerce, Industrie, Agriculture, etc) et des représentants de la société civile. Cette rencontre s’est tenue fin 2014, dans le cadre du programme de la stratégie nationale de « la réduction du sel, du sucre et des graisses » s’étalant sur la période 2015-2017, à Tunis. Les chiffres tirent la sonnette d’alarme pour les trente prochaines années, a indiqué le ministre de la Santé publique. Ces chiffres alertent sur des problèmes de santé cardiovasculaires et reflètent notre mode de vie, le manque de prévention, la sédentarité et la nutrition déséquilibrée.

par Hela Kochbati

Environ deux Tunisiens sur trois vivent en milieu urbain. L’activité physique régulière concerne 3% d’hommes contre 1% de femmes dans notre pays. A l’âge adulte, un homme sur deux  et 3 femmes sur quatre sont en surcharge pondérale. La prévalence du diabète est de 15 % autour de la population générale de la catégorie d’âge 25-70 ans. L’hypertension artérielle affecte 30 % de la population générale âgée de plus de 35 ans et 5 % pour les sujets âgés de 15 à 19 ans. En 2005,  les données nationales ont révélé que les dyslipidémies ont affecté 30 % de la population de plus de 35 ans. En ce qui concerne la consommation tabagique, le ministre a indiqué que le taux de fumeurs est évalué à  50 % pour les hommes, les femmes, quant à elles sont estimées à 10 %.  Nous avons fait le point avec des spécialistes de la question.

L’avis du spécialiste

L’avis du spécialiste Pr Leila Alouane

Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de la Santé de Tunis.

1) Quelle est l’approche de cette stratégie nationale de « la réduction du sel, du sucre et des graisses » ?

La stratégie nationale de « la réduction du sel, du sucre et des graisses » rentre dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre l’obésité qui a démarré en 2009.  Cette lutte contient plusieurs axes préventifs. Parmi ces axes, la diminution du sel, du sucre et des matières grasses. C’est un projet qui va toucher tous les ministères, à savoir,  le ministère de la Santé publique, le ministère de l’Economie, le ministère du Commerce, le ministère de l’Industrie et le ministère de l’Agriculture. A travers ce projet, nous allons essayer de sensibiliser la population sur la nécessité de réduire la consommation du sel, du sucre et des matières grasses. Cette consommation est actuellement, pratiquement trois fois supérieure à la consommation recommandée pour une bonne santé. Dans ce contexte, nous allons procéder par étapes successives. La première étape se fera à Bizerte, et sera axée la consommation du pain. C’est une stratégie de planification  qui nous a été recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cela consistera à diminuer, tous les dix mois, de 10 %, le taux de sel présent dans le pain. Puis sur tout le territoire, en collaboration avec le ministère de l’Industrie, nous avons également prévu la diminution des lipides dans le lait et les produits laitiers, ainsi que le sel dans les fromages industriels. Nous allons essayer d’avoir un minimum d’acides gras trans, présents notamment dans les pâtes à tartiner, si appréciées par les enfants. Par ailleurs, nous allons élaborer une loi qui va les interdire car le ministère de l’Agriculture a déjà proposé de nouvelles techniques, permettant d’obtenir les mêmes textures sans faire intervenir les acides gras trans. Enfin,  nous sommes en discussion avec les industriels et particulièrement  membres de l’UTICA pour obtenir une réduction du taux de sucre dans les confiseries et autres sucreries. 

2) Quels  sont vos conseils aux lecteurs ?

Les conseils consistent en la pratique d’un régime alimentaire très équilibré, parce que c’est la base même d’une nutrition saine, diminuer  sa consommation de sel, de sucre  et les substances grasses  pour éviter l’obésité et le surpoids et enfin ne pas oublier de faire une activité physique régulière pour se maintenir en bonne santé.

Notre  spécialiste Deryn Dogui 

Ingénieur en industries agroalimentaires à  l’Institut national de la

1) Quel est le cadre réglementaire de l’étiquetage en Tunisie ?

 

La réglementation de l’étiquetage en Tunisie est régie par un arrêté des ministères du Commerce, de l’Industrie, de l’Agriculture et de la Santé, en date du  3 septembre 2008, et qui est relatif à l’étiquetage nutritionnel des produits alimentaires préemballés. L’objectif de ce séminaire dans le cadre de la stratégie nationale de « la réduction du sel, du sucre et des graisses »  est de réduire la consommation de ces éléments. Nous avons pensé à l’étiquetage nutritionnel, qui est actuellement facultatif ans notre pays.

2)  Comment se fait la détermination de l’étiquetage nutritionnel ?

Cet  étiquetage est tout ce qui est mentionné comme élément nutritif dans un aliment, tout ce qui concerne la valeur calorique, les produits protéiques, glucidiques et lipidiques.

3) Quels sont les types d’étiquetage  des produits alimentaires ?

Il y a l’étiquetage de type I et l’étiquetage de type II. L’étiquetage nutritionnel devient obligatoire lorsqu’il y  a allégation. Une allégation est liée à la démonstration des caractéristiques d’un produit alimentaire. A titre d’exemple, en mentionnant qu’il est riche en calcium, ou bien qu’il est sans sucres ajoutés ou allégé en sel, etc…. Dans ce cas,  l’étiquetage nutritionnel  devient obligatoire.

4) Quel rapprochement entre  l’étiquetage nutritionnel  et la  stratégie nationale de « la réduction du sel, du sucre et des graisses » ?

Ce qu’on veut en Tunisie, c’est rendre l’étiquetage nutritionnel obligatoire pour que le consommateur  puisse faire un choix éclairé  et comparer facilement  deux produits de même catégorie agro-alimentaire. Par exemple, comparer deux yaourts au point de vue de la teneur en matière grasses, par la liste des ingrédients, pour voir la quantité de lipides dans ce produit laitier et la  dose lipidique dans l’autre. C’est le même procédé pour évaluer les produits  moins sucrés. Pour choisir la denrée dont il a besoin. En revanche, il y a aussi à considérer  des expériences étrangères, l’expérience britannique qui comprend un étiquetage plus compréhensible pour les consommateurs. Il se fait sous forme  de symboles ronds  ou de logos de couleurs différentes. Lorsque la couleur est verte, cela indique  que le produit est sain et renferme peu ou pas de sucre, sel ou gras. La couleur orange indique un produit à consommer avec modération. Quant à la couleur rouge, c’est un produit à très forte teneur en matières grasses, sucre ou sel. En Tunisie, nous proposons, un logo vert  pour les industriels qui essayent d’améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits agro-alimentaires et pour  la préservation de la santé des consommateurs. 

5) Quels  sont vos conseils à nos lecteurs ? 

Il est essentiel de dire aux consommateurs qu’avant d’acheter un produit, il faut être attentif aux éléments contenus dans ce produit, il faut  lire l’étiquette. Il est essentiel également de ne pas acheter les produits où les informations sont inexistantes ou insuffisantes, telle que la date de péremption.