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10 carences à surveiller après 65 ans

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10 carences  à surveiller après 65 ans

La vie de l’être humain est échelonnée sur différentes étapes : l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et pour finir la vieillesse. A chacune, le corps a des besoins spécifiques. Mais de nos jours, ces étiquettes, surtout pour ce qui est de la vieillesse ne sont plus vraiment conformes à la réalité. Petit zoom sur les besoins de nos retraités : ces nouveaux jeunes !

par Myriam Bennour Azouz

En effet, grâce aux progrès de la médecine, mais surtout au mode de vie moderne, on atteint la vieillesse vers 85 ans. A 65 ans, on fait des projets, des sorties entre amis, du sport et on profite de la liberté de l’après-retraite. Comme à chaque moment de la vie, la clé de la santé et du bien-être est d’être à l’écoute de son corps, de ses sensations ; il faut y aller à son rythme, car le corps commence à changer soit sous le poids de l’usure, somme toute, toujours compatible avec une vie tout à fait normale, soit sous l’effet de la polypathologie (plusieurs maladies à la fois) très fréquente chez les aînés.
Pour éviter ou empêcher l’aggravation de certains problèmes fréquents à un âge avancé, il est important que les personnes d’âge mûr aient une alimentation suffisamment équilibrée.

1.L’eau

Sa carence est la plus fréquente et la plus rapide à s’installer (quelques heures). La déshydratation est aussi souvent la plus grave puisqu’elle peut engager le pronostic vital, à court terme. La fréquence importante et la gravité de la carence en eau sont expliquées chez les seniors par :
* Leurs faibles réserves en eau : L’eau représente 60 % du poids du corps humain à l’âge adulte. Cette réserve en eau diminue chez les aînés en raison de la diminution de la masse maigre (73 % du poids des muscles sont formés d’eau)
* Le vieillissement rénal et la moins bonne réponse à l’hormone antidiurétique (ADH), responsables d’une faible capacité à retenir ou à éliminer l’eau selon les circonstances.
* L’altération des mécanismes de la soif : Diminution de la sensation de soif après 60 ans.

2.Les protéines

Le corps à partir de 60 ans a des besoins alimentaires identiques à ceux des adultes, mais un peu plus axés sur certains aliments, surtout les protéines pour contrecarrer la sarcopénie (fonte des muscles). Contrairement aux glucides et aux lipides qui sont mobilisables à partir de certaines réserves de l’organisme (Glycogène et tissu adipeux), les réserves protéiques ne sont retrouvées qu’au niveau du tissu musculaire et toute diminution de leur apport alimentaire n’est compensée qu’à partir des muscles, structures essentielles et indispensables pour l’autonomie de l’être humain. L’autonomie étant le souci principal avec l’avancée en âge et le défi majeur de toute démarche préventive contre la dépendance, faut-il le rappeler !
Il faut noter que les protéines autant d’origine animales que végétales sont essentielles car elles préviennent la fonte musculaire et renouvellent la force et l’énergie indispensables pour maintenir une activité physique optimale, elle-même capitale pour le maintien et l’entretien de cette force.
La consommation régulière de protéines animales (poissons, viande, jaune d’œuf, produits laitiers…) est d’autant plus importante que, vers 60 ans, le corps a plus de difficultés à fabriquer certains acides aminés essentiels. La consommation du poisson est à privilégier puisqu’elle apporte aussi certains acides gras bénéfiques pour la santé comme les Oméga 3.
La consommation régulière de protéines végétales (céréales, légumineuses, fruits secs…) est tout aussi nécessaire parce qu’elle apporte, en plus des vitamines, des minéraux, de l’amidon et des fibres.

3.Le calcium

Présent dans les produits laitiers (lait, yaourt, fromage sec ou fromage frais, certains fruits et légumes…), sa consommation est importante car il anticipe l’apparition de la déminéralisation osseuse (ostéoporose). Son absorption, à partir de l’intestin, est modulée par la vitamine D (soleil). Bien que la Tunisie soit un pays ensoleillé et que la consommation de lait rentre dans nos habitudes alimentaires, l’ostéoporose est fréquente sous nos cieux et elle est couramment responsable de complications dramatiques comme la fracture du col du fémur et les tassements vertébraux.

4.Le phosphore

La carence en phosphore est rare en dehors de certaines pathologies puisque l’apport alimentaire, même réduit de la personne âgée, couvre généralement les besoins en ce minéral. La majeure partie du phosphore de l’organisme est contenue dans l’os et les dents. Cet élément intervient en particulier dans les mécanismes de production d’énergie (ATP : Adénosine triphosphate) et dans de nombreux systèmes enzymatiques. Il est contenu dans de nombreux aliments : poissons, œufs, viandes, produits laitiers, fruits, céréales.

5.Le magnésium

Les pertes excessives de magnésium sont possibles chez les sujets âgés malades, alcooliques ou diabétiques et chez les patients traités par certains médicaments (comme les diurétiques ou les corticoïdes au long cours). L’apport du magnésium est directement lié à l’apport calorique. Il est retrouvé dans le chocolat, les fruits secs, les fruits de mer, les céréales, la viande, les produits laitiers et de façon non négligeable dans l’eau de boisson.

6.Les oligo-éléments

Le sélénium est un oligo-élément qui possède des vertus anti-oxydatives et participerait au maintien et au renforcement des défenses immunitaires. On en trouve dans les rognons de bœuf, le poisson et les mollusques, les crustacés, l’ail et le brocoli cultivés sur un sol riche en sélénium…
Le zinc : Plus de 200 enzymes ont le zinc comme cofacteur. C’est le cas des Acides Désoxyribonucléiques (ADN) polymérases qui interviennent dans la maintenance de l’intégrité du génome lors de processus tels que la réplication de l’ADN, les différents mécanismes de réparation de l’ADN, la recombinaison de l’ADN et la synthèse erronée de l’ADN. C’est dire l’importance de cet oligoélément dans les phénomènes de renouvellement des cellules, de cicatrisation et d’immunité. Il est retrouvé dans les produits laitiers, les céréales et la viande.

7-8.La vitamine B12 et l’acide folique

Une carence en vitamine B12 et en acide folique (vitamine B9) a pour conséquence le blocage d’une des étapes essentielles à la synthèse d’une base purique de l’ADN, la thymidine. C’est ainsi que se développent des lésions essentiellement hématologiques et neurologiques qui vont de l’anémie et ses conséquences jusqu’aux troubles de la marche et à la démence, souvent simulant une maladie d’Alzheimer.
Où les trouver ?
La vitamine B12 est liée aux protéines animales. Elle est retrouvée en grande quantité dans le foie, les reins, les muscles, la chair… mais absente des végétaux.
L’acide folique (Vitamine B9) est contenu dans les feuilles des végétaux, d’où son nom (folia), mais aussi dans les levures, le foie et les reins où il est gardé en réserve, le lait de vache et ses dérivés, le lait maternel. Il s’agit d’une substance thermolabile qui disparaît lors d’une cuisson trop prolongée.

9.Autres vitamines B

Essentiellement la vitamine B1 (Thiamine), la vitamine B2 (Riboflavine) et la vitamine B6 (Pyridoxine) qui interviennent dans le métabolisme des glucides et de certains acides aminés. Le risque de leurs carences chez les aînés est possible dans certaines circonstances et lors de certains régimes. Tout régime, à part celui de diminuer l’apport sodé (et non l’exclure !) lors de l’insuffisance cardiaque et l’apport glucidique (sans être draconien) lors du diabète, est insensé chez les personnes âgées. D’ailleurs, s’affranchir de tout régime est souvent plus bénéfique que de s’y soumettre à un âge avancé, le risque de dénutrition et ses conséquences est souvent plus grand que celui de la maladie ayant indiqué le régime.
Ces vitamines sont retrouvées dans les céréales, légumes secs, œufs, viandes, poissons, abats, produits laitiers, légumes verts, fruits…

10.La vitamine E

Elle a des vertus anti-oxydatives et aide donc à prévenir certaines pathologies dégénératives (maladies cardiovasculaires, cancers, démences dégénératives et maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, dégénérescence maculaire liée à l’âge, cataracte, diabète, arthropathies dégénératives…)
La vitamine E est retrouvée dans les fruits, les légumes et autres végétaux, les huiles de poisson…

Les sujets âgés, comme les adultes, ont un besoin hydrique de 35 à 45 ml d’eau/kg/j
soit environ 2,5 l d’eau pour une personne pesant 60 kg. Ces 2,5 l d’eau sont fournis pour moitié par les boissons, l’autre moitié étant apportée par l’eau de constitution des aliments et l’eau produite par les réactions d’oxydation.
La consommation du poisson est à privilégier puisqu’elle apporte aussi certains acides gras bénéfiques pour la santé comme les Oméga 3.

Conseils du spécialiste Dr. Iheb Ghariani, gériatre

Le régime est une aberration chez la personne âgée. Nos aînés doivent manger à leur faim.
Le plaisir gustatif est un plaisir qu’on peut garder même dans les situations les plus critiques dépourvues de tout autre ébaudissement. Il est parfois le seul plaisir qui reste. Nos aînés peuvent manger à leur choix et à volonté. Nos traditions culinaires apportent une alimentation équilibrée pouvant prévenir toutes les carences. Nos aînés aiment généralement les repas traditionnels. Cuisinez tunisien pour vos parents âgés. Dieu a fait de l’eau toute chose vivante. Rappelez à vos aînés de boire suffisamment d’eau !