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Pourquoi avons-nous tant de mal à tenir nos résolutions ?

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Pourquoi avons-nous tant de mal à tenir nos résolutions ?

La nouvelle année pointe son nez, avec elle, regain d’optimisme et des dizaines de résolutions en vue…Cette fois, c’est sûr, on atteint son objectif en gardant sereinement son cap.
Pour tous ceux qui craquent et dont, à la moindre contrariété les paroles s’envolent, voici nos bons plans à adopter sans tarder !

par Véronique Heliard Jagla

Que nous souffrions d’un excès de poids, d’un manque d’activité physique ou d’une sale habitude qui nous mine, nous avons tous rêvé d’aller au bout de nos belles promesses.

Mais qui n’a pas, au premier beignet nous faisant les yeux doux, envoyé paître la sage décision ?

Les tentatives désespérées de commencer une année sous de nouveaux auspices sont, pour la plupart d’entre nous, vouées à l’échec…Qu’il s’agisse du travail, des relations en général ou d’un mieux-être perso, la motivation ne dure souvent pas plus de quinze jours, voire un mois au grand maximum. Puis, la bouffée d’enthousiasme initiale passée, on retombe très vite dans nos anciens travers. L’idéal de vie, tant convoité, part en fumée et très sournoisement, un sentiment de culpabilité s’installe solidement.

Néanmoins, nous pensons que se fixer des objectifs semble être la solution essentielle et suffisante pour avancer vers le succès mais, devant nos échecs récurrents, on ne sait plus à quel saint se vouer ! Sans compter que pour certaines personnes, tout à l’air si facile.

Le Professeur Wiseman, de l’université de Philadelphia, a compilé les comportements de plusieurs de ces élèves et nous file quelques clefs afin de mieux tenir nos engagements pour 2013. Il faut savoir que pour Wiseman retourner vers une chose dans laquelle nous avons déjà échoué risque de créer frustration et déception mais, si toutefois, nous insistons dans le même objectif, changeons alors de stratégie !

Danger si : à force de vous mettre la pression, vous commencez à manquer d’humour.

Si vous oubliez d’équilibrer contraintes et plaisirs.

Si avoir un but se fait au détriment de votre entourage.

Se préparer mentalement à mettre en route le processus

Donner du sens :

Les choix que l’on s’impose nécessitent de se poser les bonnes questions, de regarder ce qui cloche dans notre vie, de façon à mieux cerner les raisons profondes qui nous animent et font de nos efforts fournis, un gage de satisfaction à long terme. S’assurer que l’on a bien tout défini avant d’entamer quoi que que ce soit.

 » Vous avez flanché? Dédramatisez ! Pas de fardeau supplémentaire, s’attendre à échouer un peu permet de relativiser, si vous sortez des rails ; cela ne veut pas dire que tout est fini ! Réajustez par rapport à votre vie du moment, relevez-vous et reprenez le bon chemin. En vous branchant sur les résultats précédents, soyez sûr qu’émergera de nouveau l’envie de continuer !  »

Réduire la liste des 10 à 1 ou 2 :

Tous les psys sont unanimes : avoir plusieurs projets à la fois peut être un facteur de confusion et brouiller les pistes.

Se centrer alors sur 1 ou 2 résolutions, cela évite de disperser de l’énergie et augmente considérablement les chances de gagner.

Formuler positivement

Dans le monde du développement personnel, on dit qu’utiliser un langage positif permet de mieux se projeter dans l’avenir. Ressasser ses incapacités dans le genre : « je ne saurai jamais, ce n’est pas pour moi ou le classique je suis incapable de » ont un effet, d’après les sciences cognitives, dévastateur.

A éviter également, les verbes falloir, devoir ; l’inconscient n’a qu’une envie : saboter cette forte suggestion. Préférez : j’ai envie, j’aimerai, j’ai intérêt à….

Se visualiser mentalement, jusqu’où ça aide ?

Les bonnes fées ne se sont pas penchées sur tous les berceaux ; ainsi, le manque d’estime de soi peut être un sérieux blocage à la réalisation personnelle. La pensée positive est une attitude qui repose sur le principe selon lequel tout individu possède un riche potentiel qu’il doit apprendre à développer et ce, en combattant la tendance à la dévalorisation de soi. En s’entraînant méthodiquement à mobiliser les forces de son mental en vue d’objectifs clairs.Apercevoir le futur avec confiance, cultiver des images satisfaisantes, des souvenirs heureux, rétablit en nous un équilibre.Toutes les techniques de mieux-être (pratique de pleine conscience, hypnose ericksonienne, sophrologie) restent de formidables appuis en cas de trop forte négativité.

 » Classique mais radical : les coller sur le frigo avec photos à l’appui (si on veut par exemple perdre 3 kg) et, au moment de ranger les yaourts 0 %, méprisez l’étage des crèmes au chocolat  »

Les écrits restent

Renouer avec son esprit d’adolescente en écrivant la liste de ses aspirations, en prenant en considération ses aptitudes, ses faiblesses, noter au quotidien les changements qui s’opèrent permet de passer en revue les progrès, ça booste illico !

En parler autour de soi (à quelqu’un qui compte pour vous : conjoint, sœur, amis, (on oublie le voisinage …), crée une sorte d’engagement qui rend la résolution plus réelle ; le simple fait d’avoir un complice, sous-entend que l’on met tout en œuvre pour réussir et qu’en cas d’abandon ponctuel, une écoute bienveillante est toujours réconfortante ! Toutefois, attention à l’effet pervers de la situation : pressions et reproches extérieurs ne font jamais bon ménage avec un éventuel découragement.

 » Trois règles d’or: Prendre soin de son corps, dire oui au plaisir, se récompenser.  »

Démarrer modestement

La théorie du pas à pas, inspirée de la philosophie japonaise « le Kaizen » est une excellente façon de réussir. Loin du syndrome ravageur du « tout, tout de suite », le Kaizen est une alternative nous aidant à faire fondre nos résistances en douceur. A l’inverse des disciplines drastiques apportant, certes, un soulagement presque immédiat mais dont l’exigence fait ressurgir moult frustrations, l’exemple suivant va peut-être vous allécher. Abandonner le sucre en un seul jour va probablement vous faire penser à lui, sans cesse et finalement vous faire céder. Au lieu de cela, mangez-en moins chaque semaine, jusqu’à ce que vous soyez capable de l’éliminer ! Très prisée dans les entreprises japonaises d’après-guerre, cette ode à la patience, toute asiatique, s’inspire du puissant adage de Lao-Tseu « Même un chemin de mille lieues commence par un pas », (surexcités s’abstenir).

Passer à l’action exige que l’on baigne dans un climat de stabilité mentale, sous peine de démotivation express !

 » Créez votre rituel : chaque matin, devant votre miroir, regardez-vous droit dans les yeux et affirmez avec détermination, haut et fort, la résolution qui vous tient le plus à cœur. On peut aussi la chanter ! (Conseil : prévenez vos proches, on ne sait jamais !)  »

6 astuces anti-craquages

On a 0 fatigue nerveuse et physique, on a réglé ses conflits larvés, on cesse de se vouloir parfaite, on accepte de traverser la zone d’inconfort du début, on s’impose des vitamines, son plein de sommeil, et enfin on se calme devant le tabac, le café et tous les excitants qui nous zappent le moral !

 » Non, la persévérance n’est pas innée, elle se développe, s’entretient, se cultive. Et si devenir sa meilleure amie était le « sésame » pour retrouver un état d’esprit fait de confiance en soi et de bonheur ? »

L’avis du spécialiste : Docteur HAMZA Houda Psychiatre-psychothérapeute

Bien souvent, les résolutions que nous prenons sont irréalistes et ne tiennent pas compte de la personnalité du sujet. Les comportements bien ancrés, sont difficiles à changer du jour au lendemain. Par exemple, arrêter de se ronger les ongles, alors que l’on souffre d’hyper-anxiété, est de l’ordre de l’impossible, sur le long terme; c’est un peu comme se dire “demain je serais une autre personne”. Est-ce possible?

Il existe un problème d’étape, les décisions doivent être progressives, raisonnées et raisonnables.

Et si, prendre la résolution de s’aimer tel que l’on est, n’était pas plus gratifiant ? Ne devrait-elle pas faire partie de celles que l’on tient le plus souvent ?