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Bien dans son Assiette

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Bien dans son Assiette

Il est très important de maintenir une bonne alimentation, à chacun des différents stades de la vie. En effet, on sait aujourd’hui que la nutrition, c’est-à-dire l’alimentation, joue un rôle essentiel pour protéger la santé. Elle contribue ainsi à « bien vieillir » et, plus tard, à limiter la perte d’autonomie. Petit zoom sur l’importance d’une alimentation saine pour nos seniors

par Myriam Bennour Azooz

Il n’est pas toujours facile de conserver le plaisir de manger et de bouger, lorsque le vieillissement et les problèmes de santé influent sur la façon de s’alimenter et sur la forme physique.

Les changements physiologiques liés au vieillissement lui-même : perte d’appétit, rassasiement précoce ou diminution du goût peuvent, en effet, modifier l’alimentation de la personne âgée et peser sur son statut nutritionnel. Néanmoins, le vieillissement en lui-même ne doit pas être considéré comme une maladie, mais simplement comme une fragilisation par rapport à l’éventuelle survenue d’une pathologie.

Risques associés à la dénutrition

La dénutrition est un facteur aggravant chez les personnes déjà atteintes de dépression, de maladies chroniques, ou neuro-dégénératives. Le système immunitaire étant moins réactif, les individus sont aussi plus vulnérables. Ce n’est donc pas étonnant que les sujets dénutris aient des temps de convalescence plus importants. La dénutrition favorise certaines pathologies, comme les pneumopathies, les infections urinaires et les fractures du fémur.

Les bons reflexes pour y remédier

Le vieillissement n’est pas uniquement une affaire de gènes. En effet, l’hérédité n’explique que 30% du vieillissement, tandis que 70% relève de l’environnement. Un chiffre qui souligne combien l’hygiène de vie importe.

Quel que soit l’état de santé de votre senior, soyez attentif à ces 4 points essentiels : le poids, l’alimentation, l’hydratation et le niveau d’activité. Au moindre signe de changement, incitez-la à appeler le médecin. Soyez particulièrement vigilant en cas de diabète, de maladie cardiovasculaire, mais aussi lorsque la personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer, car le risque d’une dénutrition est élevé.

Les protéines, forcez la dose !

Après 70 ans, une personne âgée a besoin d’apports énergétiques supérieurs de 20 % à ceux de ses trente ans, du fait d’un moins bon rendement métabolique des aliments. En effet, si les apports protéiques diminuent, il n’y a re-synthèse qu’au détriment de certains tissus, notamment le muscle. Or, la diminution de la masse musculaire (sarcopénie) représente un facteur de risque de fragilisation du sujet âgé. La part des protéines dans l’alimentation doit ainsi être augmentée. Pensez aux viandes, œufs, poissons et produits laitiers. Et n’hésitez pas à faire en sorte que vos aînés conservent un minimum d’activités sportives (au moins une demi-heure par jour).

Prudence pour les patients présentant un peu d’hypercholestérolémie : un régime préventif vis-à-vis du cholestérol a un sens entre 30 et 70 ans. Après cet âge, il faut absolument bannir les régimes restrictifs.

Avant tout !

Celle-ci demeure le premier point à surveiller. La boisson participe pour plus d’un litre aux besoins du corps et les aliments apportent le litre restant. Une baisse de la consommation alimentaire, fréquemment observée chez nos grands-parents est donc corrélée à une baisse de l’hydratation. De ce fait, la priorité doit être donnée à une alimentation suffisamment hydratante (à titre d’exemple un yaourt équivaut, en termes d’hydratation à un verre d’eau). Dans la mesure où même le goût commence à être altéré, proposez-leur des boissons attractives comme les jus de fruits.

Les bons conseils de l’expert

Leila Alouane, nutritionniste à l’Institut National de Nutrition et de Technologie Alimentaire

« Une alimentation saine passe par 5 points clés : l’équilibre, la diversité, la texture, le plaisir et la régularité. Il ne faut en négliger aucun, pour une bonne prise en charge des personnes âgées. »

Tahar Gharbi, nutritionniste, responsable de l’information à l’INNT

« Avec l’âge, entre la dégradation de la nutrition, les problèmes psychiques et la polymédication, beaucoup de patients négligent leur alimentation. C’est là que la famille peut jouer un rôle très important dans la recherche d’un nouvel équilibre ».