Si Senior

Que c’est chouette d’être vieux !

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Que c’est chouette d’être vieux !

Le premier octobre était célébrée la Journée mondiale de la personne âgée. Beaucoup d’entre nous appréhendent avec inquiétude cette période de la vie, voyant en elle le synonyme de la maladie et de la dépendance. Mais à l’occasion de cette célébration, essayons un peu de voir les bons côtés que la vieillesse apporte !

par Myriam Bennour Azooz

Une tête bien remplie

Arrivé à un certain âge, on en a accompli du chemin ; une famille, peut-être une longue carrière, des voyages. Bref, un tas d’expériences et de souvenirs. Que d’histoires il doit se trouver dans nos têtes ! De quoi bien animer les soirées ! Peut-être le moment d’écrire des mémoires ?!

 Ah bas la mode !

Toute votre vie, vous l’avez passée à scruter les dernières tendances mode proposées par les magazines féminins, changeant frénétiquement chaque saison quasiment toute votre garde-robe. Toute une vie passée à être serrée à n’en plus pouvoir respirer…Mais maintenant c’est fini ! Vous mettez ce que voulez ! Adieu les petits petons en souffrance, bonjour longue marche vivifiante en tennis super confort ! Attention quand même, ne plus appliquer chaque précepte édicté par la mode du moment, ne veut pas dire se permettre de s’habiller comme un sac ! Simplement se permettre d’être plus cool !

Vive la flemmardise

Vous avez travaillé comme un bon petit soldat durant 30 ans ou plus. Vous avez amassé beaucoup d’argent ou pas, qu’importe ! Il est temps de récolter le fruit de votre dur labeur. C’est enfin la retraite tant attendue ! Vous êtes payé sans rien avoir à faire, alors, profitez de cette liberté bien méritée ! Repos et cocooning ou bien activités en tout genre, c’est à vous de voir !

Papi-gâteau !

Vous vous rappelez le temps où vos enfants étaient petits, du temps où ils étaient encore mignons (bien avant qu’ils ne deviennent adolescents et vous piquent une crise pour la dernière console en date) ? Non ?! C’est normal, c’était il y a plus de trente ans et puis, vous étiez trop stressés pour leur avenir, pour leurs études, pour les sous. Aujourd’hui, vous avez la possibilité de profiter pleinement des joies de s’occuper d’un petit bébé joufflu  sans vous inquiéter du reste, à travers vos petits-enfants ! C’est le tour de vos enfants de s’inquiéter maintenant (ahaa ! vengeance !)

La sagesse n’attend pas le nombre des années

C’est incontestable, les cheveux gris inspirent le respect et un je-ne-sais-quoi qui nous rassure. En voyant une personne d’âge mûr, on pense systématiquement qu’elle sait de quoi elle parle, qu’elle est sage. Quelle sensation grisante ce sera de le faire croire à mon entourage quand je serai  vieille !

Un respect bien mérité

Marcel Pagnol disait « vieillir c’est dire « tu » à tout le monde et que tout le monde te dit « vous » ». On en est à un âge, où on n’a plus rien à prouver, et à personne. Que de poids qui s’envole, que de paix gagnée!

Enfin être soi-même

Lorsqu’on est vieux, on a le droit non seulement d’être plaint mais aussi d’être à plaindre. On n’a plus besoin de faire semblant ni de jouer un rôle. Alors que les jeunes ont presque le devoir d’être ambitieux et de réussir, les vieux peuvent enfin, être sans prétentions et sans ambition. On a enfin le droit d’être ce que l’on est. 

Les carences à éviter pour vivre bien, plus longtemps

Les protéines 

Le corps à partir de 60 ans a des besoins alimentaires identiques à ceux des adultes, mais un peu plus axés sur certains aliments surtout les protéines pour contrecarrer la sarcopénie (fonte des muscles). Contrairement aux glucides et aux lipides qui sont mobilisables à partir de certaines réserves de l’organisme (glycogène et tissu adipeux), les réserves protéiques ne sont retrouvées qu’au niveau du tissu musculaire et toute diminution de leur apport alimentaire n’est compensée qu’à partir des muscles, structures essentielles et indispensables pour l’autonomie de l’être humain. L’autonomie  étant le souci principal avec l’avancée en âge et le  défi majeur de toute démarche préventive contre la dépendance, faut-il le rappeler !

Il faut noter que les protéines autant d’origine animale  que végétale  sont essentielles car elles préviennent la fonte musculaire et renouvellent la force et l’énergie indispensables pour maintenir une activité physique optimale, elle-même capitale pour le maintien et l’entretien de cette force.

La consommation régulière de protéines animales (poissons, viande, jaune d’œuf, produits laitiers…) est d’autant plus importante que, vers 60 ans, le corps a plus de difficulté à fabriquer certains acides aminés essentiels. La consommation du poisson est à privilégier puisqu’elle apporte aussi certains acides gras bénéfiques pour la santé comme les Oméga 3.

La consommation régulière de protéines végétales (céréales, légumineuses, fruits secs…) est tout  aussi nécessaire parce qu’elle apporte en plus des vitamines, des minéraux, de l’amidon et des fibres.

Le magnésium

Les  pertes excessives de magnésium sont possibles chez les sujets âgés malades, alcooliques ou diabétiques, et chez les patients traités par certains médicaments (comme les diurétiques ou les corticoïdes au long cours). L’apport du magnésium est directement lié à l’apport calorique. Il est retrouvé dans le chocolat, les fruits secs, les fruits de mer, les céréales, la viande, les produits laitiers et, de façon non négligeable, dans l’eau de boisson.

La vitamine B 12 et l’acide folique

Une carence en vitamine B 12 et en acide folique (vitamine B 9) a pour conséquence le blocage d’une des étapes essentielles à la synthèse d’une base purique de l’ADN, la thymidine. C’est ainsi que se développent des lésions essentiellement hématologiques et neurologiques qui vont de l’anémie et ses conséquences jusqu’aux troubles de la marche et  à la démence, souvent simulant une maladie d’Alzheimer.

Où les trouver ? 

La vitamine B12 est liée aux protéines animales. Elle est retrouvée en grande quantité dans le foie, les reins, les muscles, la chair… mais absente des végétaux.

L’acide folique (vitamine B 9) est contenu dans les feuilles des végétaux, d’où son nom (folia), mais aussi dans les levures, le foie et les reins où il est gardé en réserve, le lait de vache et ses dérivés, le lait maternel. Il s’agit d’une substance thermolabile qui disparaît lors d’une cuisson trop prolongée.

La vitamine E

Elle a des vertus anti-oxydatives et aide donc à prévenir certaines pathologies dégénératives (maladies cardiovasculaires, cancers, démences dégénératives et maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, dégénérescence maculaire liée à l’âge, cataracte, diabète, arthropathies dégénératives…)

La vitamine E est retrouvée dans les fruits, les légumes et autres végétaux, les huiles de poisson…

L’avis du spécialiste Mohamed Bennis médecin généraliste

De nos jours, ce n’est pas vraiment le mot vieillesse que l’on doit utiliser. On considère que l’on est un senior à partir de 65 ans aux yeux de la médecine. Or, on n’est pas encore vieux à 65 ans ni à 70 ans si on applique les règles pour prolonger une bonne qualité de vie. Les clés pour ceci tiennent en quelques mots : un bon régime alimentaire équilibré, du plaisir et une activité physique adéquate.

Tout d’abord, le régime alimentaire. Il faut savoir qu’à chaque tranche d’âge, la personne a des besoins spécifiques. Lorsqu’on dépasse les 60 ans, le corps commence à fatiguer, c’est un fait. Il a donc besoin de plus d’énergie  pour une dépense égale à celle d’un adulte. Ses besoins en nutriments doivent donc être supérieurs. Malheureusement, on a tendance à diminuer ses apports avec l’âge pensant bien faire : non pas de sucre c’est mauvais, pas de gras, peur du cholestérol. Or, cela risque justement de provoquer des carences. Même le métabolisme se modifie, le corps a besoin de plus d’énergie pour transformer les aliments. Il ne faut pas adapter l’alimentation que l’on croit convenir à son âge. Ainsi, un senior a besoin de manger des protéines (à raison de 1g par kg de poids), des céréales à chaque repas, ainsi que des fruits et légumes pour leurs apports en fibres et vitamines. Il ne faut surtout pas se priver, sauf avis médical bien sûr. La privation, en plus du risque de carences, peut déprimer la personne, lui faire sentir justement qu’elle est vieille, qu’elle n’a plus droit à ces plaisirs simples. D’un autre côté, il ne faut pas tomber dans l’excès. Trois repas complets par jours en plus d’une collation suffisent. L’important c’est la variété et non la quantité, il suffit de manger selon ses envies. Il faut laisser le plaisir et l’appétit guider les choix et éviter la monotonie. Le plaisir de manger joue aussi pour beaucoup dans le bien-être mental. Il ne faut pas oublier de boire aussi, sans attendre la soif, car cette sensation diminue avec le temps.

Je conseille aussi de prendre la bonne habitude de se peser une fois par mois, si on constate une diminution de poids sans raison (2 kg par mois), il vaut mieux se dépêcher de consulter.

Pour ce qui est de l’activité physique, il faut l’adapter à ses capacités. Sans trop forcer, car l’important est dans la régularité. Généralement, 15 à 30 min par jour suffisent, si on n’est pas un grand sportif. Je conseille de faire sa marche en journée, pour profiter en prime des rayons du soleil pour un apport en vitamine D puisque, bien que l’on soit dans un pays ensoleillé, beaucoup de seniors ont une carence en vitamine D qui est essentielle pour les os.

L’avis du spécialiste Noura Jendoubi psychologue clinicienne, psychothérapeute

-Chez beaucoup de personne, la vieillesse c’est le début de la fin, ils appréhendent cette période de la vie. Qu’en pensez-vous? 

Je pense que ce qu’on appréhende réellement c’est le changement. Nous avons tous un mécanisme de défense qui s’appelle « la résistance au changement » qui fait que nous vivons mal tous les petits changements de la vie quotidienne ; rendez-vous compte que même le déménagement et le mariage sont considérés comme deux des traumatismes les plus importants de la vie (les autres étant la naissance et la mort). Nous n’aimons pas les changements. Alors si en plus, ils sont imposés, comme le départ à la retraite ou l’apparition d’une diminution physique non souhaitée, ou même le départ des enfants de la maison parentale, tous ces petits phénomènes qui surgissent naturellement à un certain âge, on vit alors une blessure narcissique importante qui remet l’image de soi en question. Je ne pense pas personnellement que la vieillesse soit « le début de la fin » car comme je l’ai déjà mentionné, on peut croire avoir « fini de vivre » alors qu’on est encore jeune. Mais ça reste une période de la vie qui me semble aussi sensible que l’adolescence, et donc ce serait bien, là aussi, d’en parler autour de soi ou avec des professionnels compétents en la matière. Il vaut mieux vivre la vieillesse comme un renouveau, le commencement d’une nouvelle étape de la vie, en réglant sereinement le deuil des étapes précédentes.

-Beaucoup de personnes, donc, arrivées à 65, 70 ans ou même avant, s’efforcent de coller au stéréotype de la mamie. Pensez-vous que ce soit plus sous la contrainte de la société qui réclame cette image? Que conseilleriez-vous à ces personnes?

Les contraintes viennent de partout. Pour une femme qui a des petits-enfants, elle peut elle-même apprécier d’être une mamie, surtout que dans notre contexte culturel, il semble que l’objectif ultime de chaque être humain soit la procréation et avoir des enfants. Je ne connais pas personnellement de grand-mère qui soit mécontente de s’occuper de ses petits-enfants. Mais il est vrai que les nouveaux grands-parents, se donnent de plus en plus le droit d’avoir une vie hors des contraintes familiales, surtout que de nos jours, on peut être grand-père ou grand-mère alors qu’on travaille encore et qu’on a plein d’activités sociales. Dans ce cas, on peut subir des pressions familiales car paradoxalement, les enfants devenus parents, ont eux-mêmes encore besoin de leurs propres parents pour s’occuper des petits-enfants. Je pense ici qu’il s’agit d’un héritage culturel arabe et méditerranéen qui fait qu’on est souvent soumis à la cohésion familiale, souvent difficile à contrecarrer. Je conseille dans ce cas, et pour préserver l’équilibre de chacun, de définir des limites en identifiant ensemble les prérogatives des grands-parents, qui pourront ainsi exercer leur rôle en toute sérénité et dans les meilleures conditions.