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Senior : Pourquoi le contrôle ophtalmologique est important

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Senior : Pourquoi le contrôle ophtalmologique est important

Arrivé à plus de 65, vivant bien votre retraite, vous délaissez peut-être les visites chez l’ophtalmo vous disant que vous n’en n’avez pas forcément besoin, ou les reportant toujours au lendemain face à d’autres priorités, cet article est pour vous ! En effet, les yeux, outre la baisse de vue, sont exposés à différents risques, surtout lorsqu’on avance en âge.

par Myriam Bennour Azooz

Ce n’est peut-être pas évident pour tout le monde, mais l’œil, après la peau, est l’organe le plus sensible aux attaques des radicaux libres liés à l’exposition prolongée au soleil. Si nous pouvons aisément en voir les méfaits sur notre peau qui vieillit plus vite, imaginez ce que cela fait à nos yeux ! En effet, de même que notre peau, nos yeux aussi vieillissent, et il faut en prendre soin.

L’œil : cette machinerie étrange

L’œil est une boule recouverte d’une enveloppe –le blanc de l’œil- qui, pour laisser passer la lumière devient transparent sur le devant de l’œil, à l’endroit de la cornée. Le cristallin est une lentille qui concentre la lumière et la transporte sur la rétine, un écran situé au fond de l’œil sur lequel se forme l’image, à l’envers, avant d’être remise à l’endroit par le cerveau. Si l’œil était un appareil photo, l’iris correspondrait au diaphragme.

Quand l’œil vieillit

L’œil, comme le reste du corps, se modifie avec l’âge, et subit un certain nombre d’altérations qui en modifient le fonctionnement. Il s’agit d’un système à la fois optique et neurologique très sophistiqué et qui, malheureusement, vieillit plutôt mal. Aussi, il n’est pas étonnant avec l’âge de voir un certain nombre de performances diminuer (vision des contrastes, des couleurs, etc.…). Ceci s’appelle le vieillissement physiologique de l’œil et n’engendre, en pratique, pas de problèmes réels chez le sujet âgé.

Ainsi, avec l’âge, le reflexe pupillaire répond plus lentement et ce, à partir de 50 ans. La lentille, quant à elle, s’élargit, jaunit et devient moins flexible à partir de 40 ans. La cornée est aussi touchée, puisque sa lubrification diminue à partir de 40 ans. Celle-ci devient aussi plus courbée à partir de 50 ans.

On note aussi avec l’âge, une adaptation à l’obscurité multiplié par 3. En effet, il faut à une personne de 80 ans trois fois plus de temps qu’une jeune de 20 ans pour s’habituer à l’obscurité (ou trois fois plus de lumière pour s’habituer à l’obscurité aussi rapidement qu’un jeune de 20 ans). Les yeux perdent aussi graduellement leur capacité à localiser les objets très rapprochés ou très éloignés (myopie) ce qui oblige plusieurs de nos seniors à porter des lunettes à double foyer.

Par contre, l’âge est parfois responsable de réelles pathologies qu’il faut être en mesure d’identifier auprès de son ophtalmologue.

La presbytie : le compagnon de la vieillesse

Que l’on ait ou non des problèmes de vue (myopie, hypermétropie), à partir de quarante-cinq ans, la presbytie risque de pointer le bout de son nez. En effet, en vieillissant, le cristallin perd une partie de son élasticité et de ses capacités de focalisation, donnant lieu à cette anomalie. Il en résulte une diminution de la vue de près. Généralement elle évolue, jusqu’à se stabiliser d’elle-même vers soixante ans.

Les corps flottants : plus de peur que de mal

Vous avez peut-être l’impression de voir des formes marronâtres flotter dans vos yeux et qui suivent votre regard ? Ne vous inquiétez pas. A un certain stade de la vie, le corps vitré (substance transparente gélatineuse qui remplit la cavité oculaire en arrière du cristallin) subit un décollement postérieur et se liquéfie. C’est ce qui provoque ces fameux corps flottants. Attention tout de même, il y a un phénomène rare, mais possible : il s’agit du décollement ou déchirement de la rétine. Donc, si, en plus de ces corps flottants, vous voyez un éclair puis un voile qui se forme, courrez chez votre médecin ! Il s’agit d’un phénomène qui touche particulièrement les myopes.

La cataracte : une nouvelle vue

La fréquence des cataractes augmente avec l’âge. Ce trouble est causé par le jaunissement ou la décoloration de la cornée qui réduit la quantité de lumière atteignant la partie sensible de la rétine, fausse les couleurs et rend plus difficile la vision et la perception précise des objets.
En effet, c’est la lentille qui s’opacifie à partir de 60 ans, et on remarque un rougissement des yeux et des larmoiements excessifs.

Le glaucome : maladie insidieuse

Le glaucome est provoqué par une montée de la pression oculaire, et entraîne ainsi une altération du nerf optique. On peut ressentir alors des maux de tête, et avoir la vision qui se brouille. Le glaucome est responsable de l’obstruction du champ visuel externe et dans des cas extrêmes, de la cécité. S’il est diagnostiqué tôt et bien traité, l’évolution du glaucome peut être maîtrisée, et la vue stabilisée. Mais le grand danger avec cette maladie, c’est son évolution lente et indolore, rendant son identification par le senior difficile.

La rétinopathie diabétique : dommages collatéraux

Il s’agit la d’une complication du diabète qui atteint la rétine. En effet, provoquant une augmentation anormale du taux de glucose dans le sans, le diabète, s’il est non maîtrisé, risque d’altérer les nerfs et les vaisseaux sanguins de l’ensemble de l’organisme. La rétine, nourrie par le sang par le biais de nombreux petits vaisseaux, risque ainsi d’être affectée par une perte d’étanchéité ou carrément une rupture des vaisseaux.

La DMLA : une vue troublée

C’est une maladie dégénérative de la rétine se développant après 50 ans. Elle touche particulièrement la région maculaire, la région centrale de la rétine, et entraîne une perte progressive de la vision centrale, laissant, généralement, intacte la vision périphérique.
Il s’agit d’une maladie chronique et évolutive.
En numéro un des facteurs de risque de la DMLA, il y a bien évidemment l’âge, contre lequel on ne peut pas agir. Le deuxième facteur clairement défini et bien reconnu est le tabac. Ce risque peut persister même 20 ans suite à un arrêt de tabac. Pour les fumeurs moyens (un paquet par jour), le risque d’atteinte est multiplié par 2 et demi.
Bien sûr, même pour les non fumeurs, le risque d’une atteinte est aussi présent car d’autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte, citons l’hérédité, la couleur des yeux, l’exposition à la lumière, l’hypertension artérielle ou encore l’obésité.

L’avis du spécialiste Dr Maher Mrad Spécialiste en maladies et chirurgie oculaire, ancien médecin spécialiste de la Santé publique des hôpitaux de Tunis. El Manar I.
Lorsqu’on commence à vieillir, il y a un certain nombre de maladies que l’on doit surveiller en ce qui concerne l’œil. Il s’agit de la cataracte, du glaucome, de la DMLA et de la rétinopathie diabétique, pour les personnes atteintes de cette pathologie. Pour pallier à ces risques, il est impératif de faire une visite tous les deux ans chez son ophtalmologiste à partir de 50 ans, sauf s’il y a présence de cas de glaucome dans la famille, au quel cas, il est préconisé de réaliser une visite par an et ce à partir de quarante-cinq ans.

En effet, le glaucome est une maladie insidieuse et lente qui provoque une altération progressive du nerf optique, diminuant ainsi le champ visuel externe. Les anciens l’appelle « essouirek » en arabe, signifiant le petit voleur, parce qu’il vole la vue petit à petit, sans que l’on s’en rende compte. C’est en effet le risque majeur avec le glaucome, évoluant lentement, provoquant des changements minimes, l’œil a le temps de s’y habituer, et la personne peut ne pas s’en rendre compte.

Mais la première cause de mal-vue chez les seniors est la cataracte. Néanmoins, il ne faut pas la considérer comme une situation pathologique, mais comme un phénomène naturel qui certes peut et doit être traité aisément avec les moyens techniques dont on dispose aujourd’hui. D’ailleurs, le traitement est doublement conseillé en ce sens qu’il corrige une bonne partie de la myopie. Généralement, on n’intervient qu’en dessous de 5/10, puisque c’est à ce stade que cela devient gênant, au-delà, ça reste prématuré.

Pour ce qui est de la rétinopathie diabétique, on ne le dira jamais assez, le danger du diabète, quelle que soit la pathologie, c’est la négligence et l’inattention. Quelqu’un qui se sait atteint de cette pathologie se doit d’être rigoureux dans son suivi médical quel qu’il soit.

Passons maintenant à la DMLA, qui est aujourd’hui encore assez rare en Tunisie. Mais avec l’amélioration de l’espérance de vie, il y a de forts risques qu’elle devienne la première cause de cécité, du moins partielle et le problème va se poser de plus en plus. Aujourd’hui, nous n’avons pas vraiment de visibilité pour ce qui est de la prévalence de la DMLA. L’examen se fait par un simple fond d’œil pour vérifier l’évolution de l’épithélium oculaire. D’ailleurs, tout le monde peut faire un test simple chez lui: devant son miroir, on se couvre un œil à la fois et on fixe une ligne droite devant soi (cela peut être le bord du miroir ou du placard, par exemple). Il suffit de vérifier si ces lignes sont bien droites et ne deviennent pas ondulées. Bien sûr, si la personne possède une correction (lunettes de vue ou lentilles), ce test doit être exécuté avec la correction. Les lignes droites qui deviennent ondulées sont, en effet, l’un des symptômes de la DMLA.

Avec l’âge, il y a aussi un phénomène de dessèchement qui peut apparaître. En effet, la secrétions des larmes diminue de moitié une fois le soir venu. Les personnes âgées peuvent alors ressentir une certaine gêne le matin, les yeux irrités. Pour cela, leur médecin peut leur prescrire un gel.

Je conclurai par dire que, du moment que l’on est atteint de presbytie, on est d’ores et déjà dans la phase descendante, c’est la porte ouverte à toutes les altérations liées à l’âge. Il faut donc réaliser un contrôle rigoureux de ses yeux.