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Le gériatre, à quel âge est-ce pour moi ?

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Le gériatre, à quel âge est-ce pour moi ?

Consulter un gériatre! Et puis quoi encore? Déjà qu’on nous met à la retraite parce qu’on a passé l’âge, qu’il faut laisser la place aux jeunes, que dès qu’on met une chemise un peu bariolée ou un rouge à lèvres aux couleurs chatoyantes, enfants et petits-enfants prennent des mines effarées pour vous dire que ce n’est plus de notre âge, et voilà que maintenant, on pousse la discrimination jusqu’à vouloir nous emmener chez un «spécialiste des gens comme nous».

Pourtant ouvrez les yeux, Mesdames et Messieurs, vos proches n’ont peut-être pas si tort que ça.

Les petits maux liés à l’âge… et si vous consultiez !

Si le grand âge s’accompagne parfois de troubles physiologiques graves suivis dans presque tous les cas d’un traitement médical approprié (maladies chroniques persistantes, maladies cardio-vasculaires, chutes fréquentes, altération de la mémoire, dénutrition…), il commence souvent à pointer son nez de manière insidieuse dès l’arrivée des premières rides, alors que nous nous sentons pourtant en pleine forme physique, et prêts à croquer à belles dents dans notre nouvelle vie de «senior».
Parmi les petits maux qui doivent nous alerter, nous citerons en vrac les problèmes digestifs, les troubles de la vue, de l’audition, de la mémoire,du sommeil, les petits «coups de blues» et autres pertes d’appétit, l’incontinence, la baisse de la libido…
Souvent sans réel caractère de gravité, ces petits désagréments peuvent à la longue, et si on n’y prend pas garde, fortement altérer notre quotidien et nous empêcher de profiter de la vie comme nous l’aimerions. De plus, n’oublions pas que, fort de son expérience de spécialiste, le gériatre sera le plus à même de dépister les maladies comme l’hypertension artérielle, le déficit visuel ou auditif, les cancers, la dépression ou l’ostéoporose. Ne sous-estimez pas non plus son rôle primordial en matière de prévention, par le biais de la vaccination, de la chimioprophylaxie (administration d’une substance chimique pour empêcher l’apparition d’une maladie ou de ses manifestations), ou de conseils de vie adaptés à chaque patient (nutrition, activités physiques, aménagement de l’espace de vie…).

A noter

La consultation gériatrique, par son approche globale, nécessite bien plus de temps qu’une consultation de médecine générale. Le temps de consultation est proportionnel au nombre de problèmes rencontrés ainsi qu’à leur complexité. Pour faciliter la consultation, il est recommandé aux personnes âgées de venir accompagnées par un proche de confiance, muni de tous les documents permettant le diagnostic.

Précisons tout d’abord que, selon la loi tunisienne, une personne est considérée comme «âgée», quand elle a atteint les 60 ans.
Mais en réalité, la définition de la personne âgée est plus complexe: cela dépend de son état de santé et du fait que, chez la personne âgée, les paramètres biologiques sont modifiés. Le malade «âgé» ne réagit pas de la même façon aux traitements prescrits que les personnes plus jeunes, d’où l’intérêt de consulter un gériatre plutôt que des spécialistes.
De plus, le fait que chaque pathologie soit suivie séparément empêche de maîtriser convenablement les interactions entre les différents médicaments, qui peuvent être la cause de troubles très importants chez le malade. La symptomatologie gériatrique (étude des pathologies chez la personne âgée) étant très pauvre, un non-spécialiste peut passer à côté de bien des choses.
La gériatrie qui consiste en une prise en charge globale de la personne âgée sur le plan organique mais aussi psychique, sa grande soeur la gérontologie concernant l’étude du vieillissement dans toutes ses dimensions (sociale, économique, démographique, psychologique, culturelle, médicale et autres), elle regroupe plusieurs spécialités.
Force est de constater qu’en Tunisie, on ne consulte pas encore spontanément un gériatre. D’après les experts en gériatrie, les personnes âgées sont plutôt envoyées par leur médecin traitant, lorsqu’il est dépassé. Les gens n’ont pas encore pris cette habitude. On se dirige plutôt vers un généraliste, puis vers un spécialiste de la pathologie qui semble incriminée; c’est peut-être dû à une crainte de s’avouer qu’on a pris de l’âge. Sauf qu’il n’y a pas de honte à vieillir. Au contraire, car au fil des ans, on acquiert une maturité et une sagesse inestimables. Chaque étape de notre vie a ses délices mais aussi ses exigences et l’on doit s’y soumettre. Il faut comprendre que comme les enfants, les personnes âgées ont besoin d’une attention particulière. On trouve normal de consulter un pédiatre, alors pourquoi pas un gériatre? C’est dans l’ordre des choses.

Même si on n’a aucun problème de santé, il est recommandé de consulter un gériatre car chez les seniors, la bonne
santé est un état très précaire. Il est important d’anticiper sur les éventuels problèmes.
De plus, certains troubles, surtout au niveau psychologique et mental, peuvent passer inaperçus. La dépression par exemple après le départ à la retraite est très fréquente, pourtant on ne lui accorde pas l’importance nécessaire. Un gériatre a toutes les qualifications nécessaires pour apporter un soutien psychologique à son patient, c’est même sa première préoccupation. Le temps accordé à une consultation représente le double voire le triple d’une consultation ordinaire. Il faut donc prendre le temps de discuter avec lui, car non seulement cela permet de mieux cerner le profil du patient, mais lui-même se sentira important. Il faut savoir écouter avant de savoir guérir, même si l’un et l’autre sont indissociables. Alors, convaincus?