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Glaucome : Ne vous laissez pas aveugler !

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Glaucome : Ne vous laissez pas aveugler !

Menaçant en premier lieu les hommes et les femmes âgés de 40 ans et plus, le glaucome est une pathologie oculaire qui, si elle n’est pas soignée à temps, évolue lentement mais sûrement vers la cécité absolue, le noir complet. C’est une maladie sournoise et insidieuse qui «entre sans frapper».

par Emmanuelle Houerbi

Les premiers symptômes n’apparaissent qu’à un stade déjà avancé de la maladie: le malade ne se doute de rien et ne ressent aucune douleur, jusqu’à ce que sa vision périphérique diminue au point d’être définitivement perdue. Il est donc urgent de prendre les devants et de consulter régulièrement son ophtalmologue, dès 40 ans. Une précaution indispensable pour éviter la canne blanche.

Quand le nerf optique est altéré

Le glaucome est une maladie oculaire qui endommage le nerf optique en raison d’une pression trop élevée à l’intérieur de l’oeil. Nous parlons ici du glaucome chronique à angle ouvert, qui est la forme la plus fréquente de la maladie. Le nerf optique a pour mission d’envoyer l’information visuelle au cerveau; une altération de ce dernier entraîne donc des problèmes de vue, et en l’occurrence, un rétrécissement progressif du champ visuel.
Le nerf optique contient plus d’un million de fibres à la naissance, leur nombre allant en diminuant au fil du temps. Chez les malades, l’hyperpression oculaire va entraîner une accélération de cette dégénérescence.

Suis-je susceptible d’être atteint par cette maladie?

Si vous avez plus de 40 ans, vous êtes bel et bien une personne à risque. Vient ensuite l’hérédité: si une personne de votre famille est atteinte d’un glaucome, le risque de développer la maladie est multiplié par quatre. La même probabilité de développer un glaucome est observée chez les mélanodermes, les personnes à peau foncée. Les autres facteurs de risque sont la forte myopie et le diabète. Même si le lien entre cette maladie et le glaucome n’a pas pu être démontré, le pourcentage de glaucomateux chez les diabétiques est nettement plus élevé que la moyenne.

Comment éviter le pire?

Après avoir mesuré la pression oculaire et réalisé un fond d’oeil pour vérifier l’aspect du nerf optique, votre ophtalmologue mènera une exploration du champ visuel pour prendre la mesure des dégâts. Sachez que le champ de vision perdu ne se rattrape plus, et que seule la vision centrale restante peut encore être sauvée par le biais d’un traitement efficace. Tous les glaucomes doivent être traités, sans exception.
Et même si cette maladie chronique ne se guérit pas, elle nécessite presque toujours un suivi à vie. Dans la plupart des cas, un traitement par un ou plusieurs collyres suffit, visant à faire baisser la pression oculaire pour arrêter l’évolution de la maladie. En cas d’échec (chez 10% des patients en moyenne), il faut avoir recours au laser ou à la chirurgie, opération bénigne qui donne de très bons résultats. La bonne nouvelle: après une telle intervention, il est parfois possible d’arrêter tout traitement, lorsque la pression oculaire s’est stabilisée.

Quelques conseils sur les collyres

Pour être efficaces, les collyres doivent être administrés régulièrement et conformément à la prescription médicale, en moyenne une à deux fois par jour. Il existe deux grandes familles de collyres : les bêtabloquants, qui diminuent la production de l’humeur aqueuse responsable de l’hypertension oculaire, et les prostaglandines, qui augmentent son élimination.
Auparavant, les bêtabloquants, seuls disponibles sur le marché, devaient être administrés 2 fois par jour et provoquaient parfois chez le patient asthme ou problèmes cardiaques.
Ces dernières années est apparue une nouvelle famille thérapeutique, les prostaglandines. Ces nouveaux collyres sont très bien tolérés sur le plan général, n’ont pas de répercussions pulmonaires et ne doivent être administrés qu’une fois par jour. Un progrès inestimable pour les personnes âgées qui prennent souvent d’autres médicaments.