Si Senior

L’ostéoporose une question d’hygiène de vie

Publié le
L’ostéoporose une question d’hygiène de vie

L’ostéoporose ou « maladie des os fragiles » est l’une des affections les plus répandues parmi les seniors et paradoxalement peut-être la moins connue. Elle touche surtout les femmes de plus de cinquante ans ayant dépassé la ménopause, mais peut apparaître à n’importe quel âge en même temps qu’elle peut également concerner, dans une moindre mesure, les hommes et dans de rares cas, les enfants.

par Myriam Bennour Azouz

La constitution du capital osseux, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, se fait jusqu’à 20 ans, après quoi, il se dégrade d’abord lentement jusqu’à l’âge de 50 ans (1 % par année pour les hommes et pour les femmes) puis brutalement au-delà, surtout pour les femmes (lors de la ménopause). Si un homme sur huit est touché par l’ostéoporose après la cinquantaine, une femme sur trois en souffrira (la carence en œstrogènes, hormones féminines accélère brutalement la perte de poids). Cette proportion augmente avec les années puisqu’une femme sur deux en est atteinte à partir de 75 ans.

D’abord un petit topo : qu’est-ce qui caractérise l’ostéoporose ?

La maladie est caractérisée par une fragilisation excessive du squelette due à une diminution de la masse osseuse et à une altération de la microarchitecture du squelette. Rappelons que l’os est un tissu vivant en constant renouvellement (reconstruction et démolition).  La solidité de l’os résulte en effet d’un équilibre subtil entre deux types de cellules, les ostéoclastes, qui augmentent la résorption de l’ose, et les ostéoblastes, qui le solidifient. Une trop grande  activité des ostéoclastes conduit donc à l’ostéoporose, c’est-à-dire à une diminution de la masse osseuse due à une dégénérescence progressive provoquée par la déminéralisation des os qui peut résulter soit de la constitution d’un capital osseux insuffisant pendant  la période de croissance, soit d’une perte osseuse excessive pendant la vieillesse ou de certaines affections. Les os deviennent fragiles et la moindre chute peut entraîner des fractures, notamment au niveau du col du fémur. Si elle n’est pas traitée, l’ostéoporose devient assez handicapante. A un stade avancé, les fractures sont spontanées.

Des facteurs génétiques (déterminants à hauteur de70 %), nutritionnels, environnementaux déterminent l’acquisition du capital osseux pendant la croissance puis la perte osseuse.

Quels sont les principaux facteurs de risques de l’ostéoporose ?

La ménopause, surtout si elle est précoce, c’est-à-dire avant 45 ans. Un apport calcique insuffisant. Rappelons que l’apport calcique journalier recommandé doit être de l’ordre de 1000 à 1500 mg/jour. Une trop grande sédentarité. Il est impératif de pratiquer une activité sportive régulière, par exemple, la marche. Une consommation excessive de tabac et d’alcool. Des traitements prolongés à base de corticoïdes.

Une forme primaire et une forme secondaire :

En effet, quand on dit ostéoporose, on pense directement vieillesse, alors qu’il y a en fait deux formes différentes de cette maladie, l’une d’elle n’ayant pas de rapport avec l’âge (avec le sexe non plus d’ailleurs). Dansla première, on l’a vu, il s’agit d’une diminution de la masse osseuse due à une dégénérescence quasi-naturelle à cause du vieillissement (il s’agit de la forme primaire). C’est en effet, un premier cas. Mais il arrive aussi que l’ostéoporose soit due à une autre infection (il s’agit de la forme secondaire) comme l’hyperthyroïdie qui accélère la destruction osseuse. Ou encore une carence en vitamine D.  D’après le Dr. Baccar, en Tunisie, 80 % des personnes âgées sont déficitaires en vitamine D. Ceci est essentiellement dû au fait que les gens prennent de plus en plus de précaution face aux dangers du soleil. Dans des cas comme celui-là, il suffit de supprimer la source qui nuit à l’os pour guérir de l’ostéoporose. Dans l’autre cas, quand celle-ci est causée par un capital osseux fragilisé, on ne peut, malheureusement, qu’en limiter les effets.

Comment dépister l’ostéoporose ?

Avec les rayons X : La méthode de référence pour apprécier la qualité de l’os est la densitométrie osseuse, également connue sous le nom d’ostéodensitométrie ou encore d’absorptiométrie biphotonique à rayons X. C’est un examen médical totalement indolore qui mesure la densité minérale de l’os (DMO), c’est-à-dire son contenu minéral, à l’aide de rayons X que l’on émet en direction de l’os. Il est réalisé sans injection et sans prélèvement. Le patient est allongé sur une table de radiologie. L’irradiation est très faible, dix fois moindre que pour une radiographie pulmonaire. Le résultat de DMO est donné par rapport à une moyenne, celle d’une population de même âge et de même sexe. L’insuffisance osseuse est quantifiée. Une DMO faible constitue un bon indicateur du risque de fracture, qu’il s’agisse de tassement des vertèbres (considéré comme fracture) ou de fractures du col du fémur.

Par un bilan de santé : Le bilan vient compléter la densitométrie osseuse. Il concerne principalement un bilan phosphocalcique et une électrophorèse des protides (EPP), afin de déterminer s’il s’agit de la forme primaire ou de la forme secondaire.

Avec l’ultra son (encore à l’état expérimental) : Il s’agit d’une nouvelle technique utilisant les ultrasons pour mesurer la résistance osseuse. Le premier ostéodensitomètre à ultrasons avec imagerie digitale  Ubis 5000  suscite beaucoup d’intérêt car il ne nécessite aucune irradiation et reste peu coûteux. Des études en cours devraient permettre de juger de la fiabilité et de la reproductibilité de ces mesures.

Pour l’instant, l’ostéodensitométrie  reste le seul standard reconnu par les critères de définition de la maladie selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

Quels traitements aujourd’hui en Tunisie pour l’ostéoporose ?

De très grandes avancées dans le domaine de la prévention, du diagnostic et du traitement ont permis d’améliorer largement la prise en charge de l’ostéoporose. Actuellement, les médecins disposent d’un arsenal thérapeutique varié. Pour le cas de la Tunisie, outre des compléments de calcium et de vitamine D,  deux traitements sont utilisés, il s’agit des biphosphonates, et du ranélate de strontium.

Calcium et vitamine D : l’association de calcium et de vitamine D est fréquemment donnée en premier lieu, notamment chez les plus âgés, pour corriger un déficit. L’utilisation de la vitamine D permet de stimuler l’absorption intestinale du calcium. En règle générale, une dose de 400 unités internationales (UI) de vitamine D est préconisée chez les adultes et de 400 à 800 unités (UI) chez les personnes âgées.

Les biphosphonates sont des inhibiteurs de la résorption osseuse. Ils bloquent l’activité des ostéoclastes et limitent ainsi la détérioration de l’os. Plusieurs biphosphonates sont disponibles sur le marché. On estime que leur utilisation permet d’accroître la densité osseuse de 5 % à 10 % et de diminuer le risque de fracture de plus de 40 %. Certains d’entre eux sont également donnés à titre préventif. Les traitements ne dépassent généralement pas les cinq ans. L’arrêt du traitement ne provoque pas l’accélération de la perte osseuse.

Le ranélate de strontium: en deuxième position des traitements prescris en Tunisie pour l’ostéoporose, il réduit de manière significative les fractures ainsi que le risque de récidive ; mais ses effets secondaires sont plus gênants.

Les traitements hormonaux substitutifs : le traitement hormonal substitutif  est composé d’hormones féminines sexuelles de synthèse : oestrogènes, le plus  souvent associées à des progestatifs. Généralement instauré dès le début de la ménopause, ce traitement vise à pallier le déficit en hormones féminines, principal responsable de l’ostéoporose. Le THS est contre- indiqué chez les femmes ayant des antécédents de cancer du sein ou de l’utérus, de phlébite, d’embolie pulmonaire ou de troubles de la coagulation. C’est pour cette raison que ce dernier n’est que rarement utilisé de nos jours.

Grâce à de nouveaux traitements, l’ostéoporose peut désormais être prévenue et traitée