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Maladie de Parkinson «Stupeur et Tremblements»

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Maladie de Parkinson «Stupeur et Tremblements»

La maladie de parkinson est une maladie neurologique chronique et évolutive qui se manifeste principalement par des troubles du mouvement, dégradant ainsi la santé de la personne atteinte. Cette maladie est causée par la perte de cellules neuronales dans une partie du cerveau nommée substance noire. Ces cellules produisent la dopamine, un des médiateurs de l’influx nerveux qui agit comme messager entre les cellules du cerveau impliquées dans le contrôle du mouvement. La diminution significative de dopamine, qui résulte de la destruction de ces cellules, entraîne l’apparition des symptômes de la maladie de Parkinson. Le point sur les causes, symptômes et traitements de cette maladie avec le Dr. Lotfi Hassine, neurologue.

par Imen Zine

«Comme la zone du cerveau atteinte par la maladie de Parkinson joue un rôle important dans le contrôle du mouvement, les personnes atteintes font peu à peu des gestes rigides, saccadés et incontrôlables».

Les troubles liés à cette maladie apparaissent le plus souvent vers 50 à 70 ans. Au début, les symptômes peuvent être confondus avec le vieillissement normal de la personne, mais au fur et à mesure qu’ils s’aggravent, le diagnostic devient plus évident. Au moment où les premiers symptômes se manifestent, on croit que 60 % à 80 % des cellules nerveuses de la substance noire seraient déjà détruites.

D’où vient-elle ?

«Ce qui cause la perte progressive de neurones dans la maladie de Parkinson reste inconnu dans la plupart des cas. En revanche, un ensemble de facteurs génétiques et environnementaux interviennent, sans être clairement définis». Parmi ces facteurs environnementaux on trouve une exposition précoce ou prolongée à des polluants chimiques ou à des pesticides, dont les herbicides et les insecticides. La MPTP, une drogue contaminant parfois l’héroïne, peut également causer de manière soudaine une forme grave et irréversible de la maladie. Cette drogue exerce un effet de manière similaire à la pesticide roténone. L’intoxication au monoxyde de carbone ou au manganèse…

Que fait-elle ?

«Trois symptômes moteurs types signalent l’existence de la maladie de Parkinson : On note tout d’abord un tremblement de repos agite les membres, surtout les extrémités (les pouces), puis une lenteur des mouvements, ou encore une altération des mouvements automatiques tels que les mimiques et la marche. C’est ce que l’on nomme akinésie. Enfin, une raideur apparente des muscles se développe, due à une hypertonie musculaire.»

En plus de ces symptômes, il y en a d’autres secondaires, selon le cas : «la dépression et l’anxiété, une difficulté à avaler, une salivation excessive avec une difficulté à contenir la salive (la personne bave), une voix chevrotante, sans expression, et une difficulté à articuler, une absence d’expression faciale, avec une diminution ou une absence de battements des paupières, une incontinence urinaire et une confusion. Les pertes de mémoire et d’autres désordres mentaux assez importants, surviennent plutôt tardivement dans l’évolution de la maladie, de même que les changements de position qui deviennent malaisés…»

Où va-t-elle ?

S’il n’existe pas de traitements pouvant guérir la maladie de parkinson, il est néanmoins possible d’en atténuer les symptômes par l’usage de médicaments, mais aussi en suivant certaines mesures liées au mode de vie. «Le moment approprié pour commencer une médication dépend de plusieurs facteurs comme l’âge, le style de vie, la gravité des symptômes, les loisirs… Les médicaments prescrits ont pour but de réduire les symptômes de la maladie, mais n’arrêtent pas son évolution. Trouver le traitement idéal peut prendre du temps».

Pour les patients à un stade avancé de la maladie, une chirurgie au cerveau peut être envisagée. «La stimulation cérébrale profonde consiste en l’implantation d’électrodes dans certaines parties spécifiques du cerveau en l’occurrence le thalamus, le pallidum ou le sous-thalamus. Un stimulateur envoie ensuite des impulsions électriques permettant de réduire les mouvements involontaires et les tremblements».

Il est de même possible d’avoir recours à la kinésithérapie qui comprend de l’exercice physique quotidien, de la gymnastique, un entraînement à la marche, le travail de l’équilibre postural… «Le kinésithérapie est un complément thérapeutique important. En outre, l’ergothérapie est indiquée pour la rééducation fonctionnelle et l’adaptation du domicile. L’orthophonie permet également la prise en charge de la dysarthrie, un trouble d’expression du langage dû à une articulation difficile».

Les trois « âges » de Parkinson

Trois phases d’évolution de la maladie de Parkinson peuvent être distinguées.

l La « lune de miel »

c’est une période qui dure de 3 à 8 ans au cours de laquelle le patient peut jouir d’une vie pratiquement normale à l’aide du traitement dopaminergique.

l La période de fluctuations dans la motricité

le traitement devient de moins en moins efficace. Au bout de six ans, 60 % des patients souffrent d’akinésie, une difficulté à effectuer un mouvement musculaire, et de dyskinésies, des mouvements musculaires incontrôlés.

l La période de la perte d’efficacité du traitement

c’est la période la plus difficile, correspondant à la perte d’efficacité du traitement dopaminergique. C’est alors qu’aux problèmes de motricité viennent s’ajouter des troubles cognitifs comme la confusion mentale, des hallucinations visuelles et une baisse des capacités intellectuelles.

Prévenir… peu d’espoir

«Il n’existe pas de moyen reconnu par les médecins pour prévenir la maladie de Parkinson. Mais plusieurs recherches ont conclu que les hommes qui consomment des boissons à base de caféine (le café, le thé, le cola) de manière modérée (de 1 à 4 tasses par jour) pourraient bénéficier d’un effet protecteur contre la maladie de Parkinson. Paradoxalement, les personnes dépendantes au tabac seraient moins sujettes à cette maladie. La nicotine stimulerait la libération de dopamine, compensant ainsi le déficit de cette substance retrouvée chez les malades. Cependant, ce bénéfice ne pèse pas lourd en comparaison de toutes les maladies que peut engendrer le tabagisme, notamment plusieurs types de cancers ». ■