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Nager pour éviter les chutes

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Nager pour éviter les chutes

Les seniors bien dans leur peau… et les autres

Ils ont cinquante ans, soixante ans, soixante-dix ans, et ils semblent rayonner de santé (du moins à première vue…). Leur âge biologique importe peu, dans leur tête, ils sont beaucoup plus jeunes, et ils veulent croquer la vie à pleine dents. Ce sont les seniors.

Ces « anciens vieillards », longtemps considérés comme des laissés-pour-compte, ont désormais leur place dans la société. Les avancées prodigieuses de la médecine et l’amélioration des conditions de vie ont fait que les gens restent jeunes et relativement en bonne santé plus longtemps. Mais tous ne sont pas dans le même cas. Il y a les seniors « encore jeunes » et alertes, et les « autres », tous les autres seniors qui souffrent du poids des années. Eux voudraient bien « croquer la vie à pleines dents » mais leur  corps  ne réagit pas toujours comme ils le voudraient. Pour eux, la fatigue se fait sentir plus rapidement et les chutes, même légères, peuvent parfois provoquer des dégâts sévères.

Le corps ne suit pas toujours

En effet, si certains seniors débordent de vie et d’enthousiasme  et continuent à vivre normalement,  d’autres, et ils sont nombreux, osent à peine mettre le nez dehors. Ils ont de l’arthrose, de l’ostéoporose, certains ont des problèmes cardiovasculaires, d’autres le diabète, d’autres encore de la tension artérielle, quelques-uns sont victimes d’un ralentissement de leurs fonctions cérébrales, chose qui diminue largement de leur autonomie. Ils hésitent à sortir  et, quand ils le font, leurs pas sont lents et mesurés. Ils ont mal et ils craignent les chutes. Ceux-là sont otages de leur corps !

Les chutes, parlons-en

L’une des causes principales de la chute est la modification des caractéristiques de la marche chez certains de nos aînés. Les pas ont tendance à devenir plus rapprochés et moins amples et l’équilibre est moins stable. L’attention est si focalisée sur la marche que l’appréciation de l’environnement et des obstacles éventuels devient moins efficace, d’où le risque de chute. Une baisse de la vue est aussi un facteur de risque à ne pas négliger.

Il ne faut donc pas négliger les visites annuelles chez l’ophtalmologiste. Enfin, il arrive aussi que l’on ait un petit malaise du fait d’une baisse de tension ou d’une chute de la glycémie.

Ceci étant pour les raisons les plus courantes.

Que faire alors ? 

La médication classique est là évidemment et en première intention. Mais parallèlement aux soins, on peut aider son corps en recourant au sport et notamment à la natation.

La natation contre les chutes 

La natation est, de tous les sports, compte non tenu de la marche qui est aussi bénéfique,  la meilleure amie des seniors. Elle les protège de leur ennemi numéro un : les chutes. (Rappelons que les chutes des seniors peuvent avoir des dégâts considérables allant de la fracture du col du fémur jusqu’à celle de la colonne vertébrale en passant par la fracture de l’humérus et autre luxation de la hanche.)

Que ce soit en piscine ou en eau de mer, la natation reste une excellente alliée. En effet, outre le fait que c’est une activité agréable et délassante qui augmente la sécrétion de la sérotonine (l’hormone du bonheur) et  procure une sensation de bien-être, la natation a de nombreux avantages sur la santé. Et surtout, la natation aide à éviter les chutes. En effet :

*Elle favorise la circulation sanguine, permet de se prémunir contre les maladies cardio-vasculaires, les maladies dues au diabète et aide au rétablissement de la tension artérielle. Elle permet aussi de prévenir certaines maladies comme l’ostéoporose ou l’affaiblissement du système immunitaire.

* Elle aide à renforcer la coordination des gestes et l’endurance, à restaurer l’équilibre et à réapprendre à mener deux actions en même temps.

*Elle permet d’entretenir les muscles.

*Elle soulage les douleurs dues à l’arthrose. En effet,  le corps est porté par l’eau et l’on n’a pas d’effort spécial à fournir, à part la nage. Libérés de cet handicap, les articulations et les muscles ne font plus mal. On a plus confiance en soi et l’on craint moins les chutes.

En bonus

Pour faire de la natation, il faut forcément sortir de chez soi.

On rencontre aussi des gens à la piscine ou y va carrément avec des amis. C’est un très bon moyen de briser la solitude et la déprime, on rencontre du monde et on entretient ses relations.

On réapprend aussi la coordination entre le mouvement des bras, des jambes et la respiration.

Donc au final, on muscle aussi ses neurones en quelque sorte !

La natation mode d’emploi

Pour être bénéfique, la natation doit être pratiquée deux fois par semaine à raison de trente minutes minimum. Les mouvements de la nage doivent s’effectuer avec suffisamment de force et de vitesse afin de profiter au cœur et aux vaisseaux. Attention toutefois à l’essoufflement.

Tous les types de nage sont bons. Mais préférez la brasse si vous souffrez d’hypertension artérielle, d’ostéoporose ou de l’affaiblissement de votre système immunitaire, ou encore si vous avez des problèmes de sinus. Par contre, choisissez le dos crawlé si vous avez des difficultés respiratoires. Mais rassurez-vous, vous n’êtes pas obligé de savoir nager pour faire de la natation. Tous les mouvements vous feront du bien. Ils maintiendront pour certains et réapprendront à d’autres la coordination dans les gestes, première condition pour ne pas tomber.

Enfin, les personnes souffrant d’angine de poitrine (angor) doivent veiller à la bonne température de l’eau. Ils devront y pénétrer progressivement pour éviter une crise d’angor.

Attention toutefois !

Comme toute activité, la baignade présente aussi quelques cas où elle est déconseillée (où elle risque d’aggraver certtaines pathologies). Il est rare qu’un médecin interdise la baignade au vu  des nombreux bienfaits qu’elle offre en retour, sauf dans les cas suivants. Il s’agit de la cardiopathie, de la pneumopathie, de l’épilepsie, de certaines maladies de peau et de certaines affections ORL comme l’otite et la sinusite.

L’avis du spécialiste Dr Sondos Baccar, gériatre à l’hôpital Mahmoud El Matri, membre  de l’association Alzheimer

La baignade a, de toute évidence, beaucoup d’effets positifs pour le bien-être global. Elle est particulièrement intéressante pour les personnes âgées.

Se baigner, c’est aussi une importante dépense physique. Comme le poids du corps est allégé dans l’eau, cela peut être une excellente occasion pour faire des exercices de renforcement musculaire, étant donné que le poids du corps est en partie porté par l’eau, permettant ainsi une bonne mobilité aux personnes obèses ou aux patients porteurs de problèmes rhumatologiques, limitant, par là même, les risques de chute et de fracture. En même temps, la résistance à l’eau fait travailler davantage les muscles, tout en douceur. Le plus, c’est que le contact de l’eau exerce un massage doux sur les différentes parties du corps.

Mais c’est aussi fatigant, même si on ne s’en rend pas compte. C’est pour cela qu’il est primordial aux seniors d’y être toujours accompagnés. En effet, il suffit d’un rien -une crampe par exemple- pour que ce soit la catastrophe. Il faut savoir qu’un malaise ou une syncope sont vite arrivés dans l’eau, à cause de la chaleur notamment, même quand l’eau est à mi-épaule.

La natation fait beaucoup de bien à la santé tant physique que mentale, nous l’avons dit. Et il est toujours souhaitable de se baigner. Mais il y a des cas  où cela n’est plus possible ou que cela présente des risques supplémentaires pour la santé des personnes. Il s’agit de situations où il y a présence d’une pathologie grave, citons les handicaps majeurs aussi bien physiques que psychique (Alzheimer avancé en est un exemple), mais aussi les maladies cardiaques avancées (risque de fatigue).