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« Objectif zéro » 0 nouvelle infection à VIH 0 discrimination 0 décès lié au SIDA

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« Objectif zéro » 0 nouvelle infection à VIH 0 discrimination 0 décès lié au SIDA

La Journée mondiale du SIDA, organisée le 1er décembre de chaque année, donne l’occasion à des personnes d’horizons divers de se rassembler pour mieux faire connaître le VIH/sida et pour montrer leur solidarité face à la pandémie.
Cette journée permet à plusieurs partenaires publics et privés de donner des informations sur la situation concernant la pandémie et de promouvoir la prévention, le traitement et la prise en charge du VIH/sida, dans les pays à forte prévalence, mais ailleurs aussi.
Entre 2011 et 2015, la Journée mondiale de lutte contre le SIDA avait pour thème «Objectif zéro : zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination, zéro décès lié au SIDA».
C’est une initiative pour un meilleur accès de tous au traitement, un appel lancé aux pouvoirs publics pour qu’ils agissent immédiatement et tiennent leurs engagements et ce, afin de garantir le droit fondamental de tout être humain au meilleur niveau de soins de santé possible.
A cette occasion, nous avons effectué une visite à l’Association tunisienne de lutte contre le SIDA (ATL), où le Dr. Ridha Kamoun, président de l’ATL, a mis l’accent sur le rôle, la mission et les activités de cette association.

par Imen Ben Abdelkader

 

Le premier cas d’infection au VIH a été notifié, en Tunisie, en décembre 1985.

Suite à cette notification, l’Association tunisienne de lutte contre le SIDA (ATL) a été créée, en 1990, par un groupe de médecins tunisiens.

Sa vision a été la décentralisation par section ; le siège social a été implanté à Sfax et deux autres locaux à Tunis et à Sousse. Maintenant, l’ATL comprend plus d’une dizaine de sections, réparties sur toute la république tunisienne.

Au début, l’objectif de l’ATL a été la prévention, sachant qu’il n’avait pas beaucoup de malades. La prévention générale a concerné, à ce moment, spécifiquement les jeunes qui sont les plus touchés par les sources de contamination.

Néanmoins, le poids social de cette maladie n’a pas été ressenti par les membres de cette association. Ce poids est devenu, avec les années, un problème majeur.

En 1994, le poids social de cette maladie a été reconnu. Par la suite, l’ATL a élaboré un programme régional à Tunis pour la création du « groupe régional de soutien social aux victimes de SIDA ». Ce groupe a continué ses travaux jusqu’en 2000. Dans ce cadre, plus de 200 dossiers ont été étudiés, pour le soutien des cas d’infection au VIH. Après cette date, ce groupe a vécu des problèmes financiers et a échoué dans ses activités.

En 1996, l’ATL a opté pour la stratégie « éducateurs pairs ». Il s’agissait de former les jeunes étudiants de Tunis, pendant 3 jours.

Puis, elle s’est dirigée vers les prisons de femmes pour former deux des cadres socio-sanitaires de chaque prison et ce, afin d’en faire des « éducateurs relais », plus proches des prisonniers.

Petit à petit, le nombre des personnes infectées s’est diversifié, surtout chez les femmes et le problème est devenu de plus en plus important.

A cet égard, l’ATL a changé de vision en adoptant la stratégie des groupes comportementaux. Ces derniers se répartissent en trois types de population : les homosexuelles, les prostituées et les usagers des drogues par voie intraveineuse.

Selon les études faites sur ces trois populations, la Tunisie est au stade de l’épidémie concentrée (+5 % sont infectés au VIH dans l’un de ces groupes). La Tunisie risque, même, le stade de l’épidémie généralisée, puisque les statistiques montrent qu’on a atteint en 2011, 13 % dans l’une de ces populations, par rapport à 4,9 % en 2009.

« Ces statistiques sont énormes. Pour cette raison, il faut se concentrer sur la population concernée pour limiter les risques. Mais le handicap est de pouvoir accéder à ces populations clandestines, difficilement accessibles » a indiqué le Dr. Kamoun.

Pour ce faire, l’ATL a fait appel à l’Alliance internationale contre le SIDA, dont le but est d’apprendre les thématiques d’accès aux populations clandestines. Les membres de l’association ont appris que si on veut lutter contre le SIDA, il faut tout d’abord lutter contre la stigmatisation, par le respect de l’être humain. Depuis, les droits humains sont devenus essentiels.

Ils ont commencé par établir la confiance entre les personnes appartenant à chaque population et ce, par le respect. Puis, ils les ont formées pour devenir, elles-mêmes, des « éducateurs pairs ».

Actuellement, l’Association travaille avec ces populations, qui en sont les membres même.

En outre, juste après la création du Regional Arab Network Against AIDS (RANAA), l’ATL a créé, en 2002, un réseau associatif national contre le SIDA (RANCS), regroupant plus de 60 associations de différentes activités.

En 2007, elle a accédé au financement du Fonds mondial, avec un projet de 5 ans pour la lutte contre le SIDA. Environ 20 milliards ont été alloués à l’ATL, afin de l’aider à s’améliorer et se développer.

Deux ans après, l’Association a constitué « le groupe de soutien », rassemblant les personnes atteintes.

En 2011, elle a créé l’observatoire VIH, Ethique et Droits humains (OVEDH).

Traitement

En Tunisie le traitement est gratuit et ce, au niveau des centres de prise en charge médicale (à l’Hôpital Rabta-Tunis, à Sfax, Sousse et Monastir).

Ce traitement a vécu une évolution énorme entraînant la baisse du nombre de cas ; le risque de transmission a faibli et le chiffre des personnes décédées devenu de plus en plus rare.

Chiffres clés

Depuis 1985, date de la notification du premier cas d’infection au VIH, en Tunisie, jusqu’à aujourd’hui, le nombre des malades a atteint 1700 cas, dont 700 ont décédé.

Mais les estimations des Nations Unies démontrent qu’on a environ 2500 personnes atteintes en Tunisie, soit -0,1 % de la population tunisienne. Et pourtant, on est classé dans l’état d’épidémie concentrée.

Au début, il n’y avait que des hommes infectés. Mais maintenant, on a environ 30 % de cas qui sont des femmes.

Après la révolution, la contamination s’est élevée chez les usagers des drogues par voie intraveineuse.

Quant à la transmission fœto-maternelle du VIH (de la mère au fœtus), les résultats récents montrent qu’on a moins d’un cas par an, puisqu’on a pu maîtriser ce risque presque à 100 %.

« Quelques conseils

1/ Ne pas stigmatiser les gens. La tolérance, la compréhension et la solidarité demeurent très importantes.

2/ Ne jamais avoir de rapport sexuel non protégé, jusqu’à l’établissement d’une relation de couple fidèle.

3/ Ne jamais utiliser une seringue qui a déjà été utilisée auparavant.

4/ Chaque personne a intérêt de faire un dépistage, celui-ci est gratuit et anonyme.«