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Ostéoporose : Attention ! Os fragiles…

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Ostéoporose : Attention ! Os fragiles…

En Tunisie, on estime que, toutes les deux heures, une personne se fracture l’extrémité supérieure du fémur en grande partie du fait de l’ostéoporose.
La fracture du col du fémur est un accident grave qui marque bien souvent -une fois sur trois- le début d’un processus de dépendance. Mais c’est aussi la manifestation la plus visible de l’ostéoporose, une maladie qui se développe en silence au fil des années.
Pour en savoir plus, “Livret Santé” a rencontré le Professeur Leith Zakraoui, Chef de service rhumatologie à l’hôpital Mongi Slim de la Marsa

par Fatma Benmosbah

Livret Santé – Qu’est ce que l’ostéoporose ?

Pr. Leith Zakraoui – L’ostéoporose est une maladie osseuse fréquente qui se caractérise par une diminution de la masse osseuse : les os deviennent poreux donc moins solides.
Il en résulte une fragilisation du squelette avec un accroissement du risque de fractures qui peuvent ainsi survenir suite à des traumatismes peu importants.

L.S. – A quel âge l’ostéoporose débute-t-elle ?

L.Z. – Même si l’ostéoporose est souvent considérée comme une maladie du 3ème âge, la perte osseuse débute lentement à l’âge adulte et, dans le cas des femmes précisément, elle s’accélère brusquement à la ménopause où, après un traumatisme minime ou même spontanément, les os peuvent se casser.

L.S. – Est-ce une maladie fréquente ?

L.Z. – En Tunisie, les dernières études ont révélé un pourcentage de 47.6 % de femmes souffrant d’hypovitaminose dont 7.5 % sont des cas sévères.
Par ailleurs, la prévalence de l’ostéoporose densitométrique chez les femmes ménopausées âgées de plus 45 ans est de 41% souffrant d’ostéoponie et 24 % d’ostéoporose.

L.S. – Quels sont les principaux facteurs de risque d’ostéoporose ?

L.Z. – En plus des sujets ayant eu une fracture, ou présentant une «pâleur» des os à la radio, il y a risque s’il y a existence de cas d’ostéoporose ou de fractures des vertèbres, du poignet ou du col du fémur dans la famille ; si le sujet a suivi un traitement à base de corticoïdes pendant plus de 3 mois; si le sujet souffre d’un rhumatisme inflammatoire, ou de diarrhée chronique ou d’un excès d’hormones thyroïdiennes ; si la taille a diminué de plus de 3 cm ; si le sujet a une faible consommation de produits laitiers; si le sujet fume plus de 20 cigarettes par jour, s’il consomme des boissons alcoolisées régulièrement.
En ce qui concerne les femmes, si la ménopause a débuté avant l’âge de 45 ans, (ablation de l’utérus et des ovaires), si les règles ont été interrompues pendant 12 mois ou plus (sauf grossesse).
En ce qui concerne les hommes, dans le cas d’impuissance, de baisse de la libido ou d’autres symptômes liés à un manque de testostérone.

L.S. – Comment la prévenir ?

L.Z. – La prévention commence dès l’enfance. C’est pendant la grande enfance et l’adolescence que la masse osseuse atteint son pic et elle sera d’autant plus importante que l’alimentation sera équilibrée et suffisamment riche en calcium, au moins 1200 mg par jour. La pratique régulière d’un exercice physique joue également un rôle bénéfique, tout autant que l’éviction des facteurs exogènes tels que le tabac, l’alcool, le café…

L. S. – Une fois arrivé à l’âge adulte, comment la prévenir ?

L.Z. – On peut la prévenir par un diagnostic précoce, établi le plus tôt possible, avant l’avènement des fractures. Le meilleur moyen est de pratiquer une densitométrie, c’est la mesure de la densité osseuse c’est-à-dire leur contenu minéral. C’est un examen de référence, reproductible, non invasif, très peu irradiant, disponible en Tunisie, d’une durée de quelques minutes. Il s’effectue à l’aide d’un ostéodensitomètre.

L.S. – Et en ce qui concerne le traitement hormonal de la ménopause ?

L.Z. – Actuellement, l’utilisation du traitement hormonal est controversée car la balance bénéfices –risques ne plaide plus en sa faveur. Il garde encore une place lorsque les signes climatériques sont responsables d’une gêne significative et que les autres traitements non hormonaux ou locaux ne sont pas efficaces. Dans cette indication, l’os en bénéficie de manière préventive.