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Parkinson et Alzheimer nous guettent !

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Parkinson et Alzheimer nous guettent !

3 questions à … Dr Olivier Gout
Les maladies neurologiques sont fréquentes et interviennent chez le sujet âgé. Elles augmentent au fur et à mesure que l’on vieillit…

par Kamel Bouaouina

Dr Olivier Gout, neurologue à la Fondation ophtalmologique Adolphe de Rothschild à Paris 19, qui a animé plusieurs sessions dans le cadre du 16ème Congrès national de neurologie organisé par l’Association tunisienne de neurologie, du 2 au 4 juillet à Hammamet, nous explique pourquoi…

Parmi les maladies nerveuses, la maladie de Parkinson. Quelle est son origine et quels sont ses symptômes ?

Cette maladie se manifeste par un tremblement de repos, des troubles du tonus et une akinésie, diversement associés. Elle affecte également l’élocution et le « langage corporel ». La prévalence globale de cette maladie, liée à une dégénérescence de certains neurones situés dans une partie du cerveau nommée la substance noire, est estimée à 1,6 % chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Ces neurones fabriquent la dopamine qui va être responsable des symptômes, asymétriques, qui touchent la moitié du corps. Cela se traduit par un tremblement de repos très particulier, qui disparaît dans l’action. Le patient n’est pas gêné par exemple pour écrire. L’autre symptôme c’est l’akinésie, la lenteur du mouvement. Le patient n’a pas une mobilité normale de son corps. Cette akinésie touche notamment la marche : le démarrage est difficile, parfois en piétinant sur place, puis avec de petits pas, les pieds « collés » au sol, les bras immobiles ne se balançant plus, le dos courbé en avant, le cou raide. Ce symptôme entraîne souvent des douleurs chez les patients qui vont alors consulter leur médecin généraliste et un rhumatologue plutôt qu’un neurologue. L’akinésie va se manifester au niveau de l’écriture avec une grande caractéristique du patient parkinsonien. L’écriture normale va devenir petite et illisible et cela est indépendant du tremblement. Le visage aussi est touché, avec des traits figés, peu expressifs, un regard fixe avec parfois des contractures involontaires.

Quels sont les traitements de cette pathologie ?

En présence de ces symptômes, il faut s’assurer que c’est une maladie de Parkinson. Il faudrait éliminer d’autres causes avec une imagerie cérébrale car certaines tumeurs peuvent donner des manifestations identiques. Pour le traitement, on prescrit de la dopamine qui va faire régresser les symptômes. Lorsqu’on traite un patient parkinsonien au début de sa maladie, l’amélioration est de 90 à 100 %. Le patient redevient comme il était avant. C’est la « lune de miel », avec une période de rémission variant entre 3 à 8 ans et qui se définit par une vie pratiquement normale. C’est une période de meilleure efficacité du traitement. Après cette période plus ou moins prolongée, l’efficacité du traitement est moindre ; il faut alors augmenter les posologies des médicaments, ce qui expose à des effets indésirables. Des complications peuvent subvenir liées au traitement et à la perte neuronale.

La démence est un grand problème de société. Comment se manifeste-t-elle ?

La démence est un grand problème de société et la maladie d’Alzheimer en est la première cause. Cette maladie, assez mystérieuse, se caractérise par une accumulation de protéines, anormale pour certaines zones et neurones du cerveau, qui vont être responsables d’un déficit des neurones transmetteurs. Les premiers symptômes sont les troubles de la mémoire. D’autres troubles l’accompagnent, notamment l’incapacité d’effectuer des gestes très simples mais aussi des troubles de la reconnaissance. Au fur et à mesure de l’évolution de la maladie, le patient ne parvient plus à répondre correctement aux tâches quotidiennes comme s’habiller ou préparer un repas. Simultanément à ces agitations désordonnées, le malade est enclin à des manifestations psycho-comportementales telles que l’anxiété et la dépression. Le patient qui en souffre ne se rend pas compte de son état. Les progrès thérapeutiques sont importants mais encore très faibles. En parallèle, l’accompagnement des proches est indispensable.