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Le Sida en Tunisie Où sommes-nous ?

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Le Sida en Tunisie Où sommes-nous ?

Le Sida est une maladie particulière qui ne ressemble pas aux autres, ce n’est pas une fatalité. « Si le sida ne s’attrapait qu’à travers des seringues, il n’intéressait personne » selon l’écrivaine française, Françoise Giroud au début de ce millénaire. Le visage de l’épidémie prend forme, un peu partout dans le monde et notamment en Tunisie. Là où, au début de l’apparition de l’épidémie en 1985, il n’y avait que des hommes, aujourd’hui le nombre de femmes atteintes est en nette recrudescence. On recense, en effet, 1700 cas de malades atteints de Sida dans notre pays.

par Hela Kochbati

Comme chaque 1er décembre de chaque année, la Tunisie comme le reste des pays du monde célèbre la Journée mondiale de lutte contre le Sida.

Hommes et femmes…sont-ils égaux face à l’épidémie et au traitement ?

Le nombre de femmes séropositives croît, de plus en plus, depuis l’an 2000 ; ce nombre tend à s’approcher de celui des hommes atteints par cette épidémie. Actuellement, ce n’est pas encore le cas. La plus grande vulnérabilité des hommes et des femmes vis-à-vis de ce fléau est liée, non seulement à des facteurs physiologiques biologiques et psychologique, mais également à des stigmatisations, des marginalisations, des exclusions qui ne leur permettent d’assurer ni suivi médical, ni prévention.

Traitement préventif…quel espoir pour zéro atteinte ?

Dans notre pays, bien qu’il y ait des insuffisances médicamenteuses, les moyens de traiter ceux qui sont contaminés existent ; c’est la trithérapie qui est disponible depuis l’an 2000 et il existe actuellement 4 services hospitaliers centralisés de maladies infectieuses (La Rabta (Tunis), Sousse, Monastir et Sfax). L’Etat a élaboré un plan national de lutte et un projet quinquennal, avec le Fonds global de lutte contre le Sida, vient de se conclure.

Par ailleurs, les traitements et les prises en charge évoluent; de nouveaux médicaments sont autorisés sur le marché mondial depuis l’été 2012 comme le Truvada, le Stribild et d’autres encore comme les nouveaux gels microbicides. Ces remèdes assurent une mesure de prévention.

Actuellement, nous remarquons qu’il n’y a aucune résistance pour développer de futurs pilules et soins antirétroviraux avec l’objectif de l’éradication complète de la pandémie: zéro contamination et zéro discrimination (objectif de la campagne 2012 de l’OMS). Quoique le rythme des infections baisse dans le monde d’environ 2%, la prévalence de la maladie a augmenté dans notre pays, suite à des comportements modifiés. En effet, la Tunisie se trouve dans une étape intermédiaire où l’épidémie se trouve concentrée et est considérée aujourd’hui comme un pays à forte prévalence. Ceci est dû à la concentration de plusieurs facteurs : les moyens d’information, le comportement, la stigmatisation, la clandestinité, la non-acceptation par la société, la marginalisation, les lois et la religion. Certes, aujourd’hui, on meurt moins de Sida, en Tunisie; Mais la contamination reste préoccupante.

La fin de l’épidémie est-elle proche ?

L’annonce de nouveaux traitements efficaces disponibles pour les sujets infectés, le développement de la médecine tunisienne prédisent une fin proche…l’apocalypse de la pandémie.

Cependant, le rôle de la société civile et des organisations internationales en Tunisie par des actions engagées et avant-gardistes, comme celui de l’association comme l’ATL-SIDA dans la lutte contre le Sida, est prépondérant pour combattre la pandémie… Ce qui permettra, par conséquent, aux sujets atteints de vivre un état de mieux-être avec le VIH et de mener une vie quasi-normale.

Il n’y aurait jamais une guérison totale car la maladie est irréversible… La prévention, la communication et l’éducation RESTENT les principaux atouts pour ralentir l’évolution de l’épidémie.

Le bout de chemin, pour en finir avec l’infection, est encore distancé entre pays avancés et pays en voie de développement comme le nôtre.

La société civile milite pour l’insertion des patients et l’encadrement des personnes infectées. Les malades sont souvent pris pour des laissés pour compte et des marginaux, en raison du contexte socioculturel, des préceptes religieux et du cadre patriarcal qui régissent la base pyramidale sociopolitique…Beaucoup reste à faire et des plans génératifs de lutte continue pour arriver au risque zéro et à la fin de la pandémie dans notre pays…