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Vitamines, on en prend !

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Vitamines,  on en prend !

Les personnes âgées ont tendance à diminuer leurs apports alimentaires. De plus, leurs réserves nutritionnelles sont amoindries. Or, leurs besoins énergétiques ne sont pas diminués par rapport à ceux de l’adulte. En effet, la dépense énergétique apparaît souvent abaissée en valeur absolue à cause de leurs faibles activités physiques. Ce qui en résulte : une carence en vitamines !

par Houda Messaadi

Les personnes âgées souffrent facilement de carences en vitamines, en particulier les vitamines B1, B6, B9, B12, C et D. Ces carences vitaminiques peuvent s’observer dans des contextes d’alimentation déséquilibrée, d’un alcoolisme chronique, d’une malabsorption digestive chronique, etc.

Les maladies induites par une baisse de la concentration en vitamines dans l’organisme n’apparaissent que lorsque les stocks de vitamines sont épuisés.

La malnutrition ou l’anorexie sont les causes principales de toutes les carences chez les sujets âgés. Les causes sont multiples et souvent intriquées, en particulier à l’hôpital ou en institution.

Habituellement c’est la présence d’un hypercatabolisme qui précipite la survenue d’un état de malnutrition chez un sujet âgé, d’autant plus facilement qu’il avait auparavant des apports alimentaires insuffisants.

Des insuffisances d’apports alimentaires

• L’isolement social ou familial s’aggrave avec l’avance en âge et la disparition du conjoint, des amis ou d’un animal familier.

•La diminution des ressources concerne essentiellement les veuves et les sujets exclus des systèmes sociaux. L’exclusion relève le plus souvent d’une ignorance des aides.

•La diminution des capacités physiques :

-capacité masticatoire en relation avec la denture, la mâchoire ou un appareillage mal adapté.

-troubles de la déglutition, principalement le fait d’accidents vasculaires cérébraux.

-difficultés de la marche, responsables d’une diminution des possibilités d’approvisionnement.

-déficits moteurs ou tremblements, également causes de difficultés d’approvisionnement (port des paquets), de préparation culinaire et d’alimentation.

-en institution, perte d’autonomie rendant le sujet âgé totalement dépendant de la qualité et de la quantité de personnel soignant.

•Les détériorations intellectuelles, telles que les démences.

•L’accumulation des idées fausses sur l’alimentation : phobie de l’hypercholestérolémie, ignorance des besoins nutritionnels de la personne âgée par elle-même, par son entourage familial ou le personnel soignant, ignorance d’aides possibles à domicile pour pallier les conséquences de l’isolement.

•Les maladies du tube digestif : les mycoses buccale et œsophagienne, la diminution du drainage salivaire occasionnent des dysphagies et des brûlures lors de l’ingestion des aliments; les cancers digestifs, les gastrites, et les maladies ulcéreuses gastriques ou intestinales restent longtemps asymptomatiques.

•Les régimes diététiques anorexigènes sont à déconseiller…

•L’hospitalisation en soi est une cause de malnutrition: indépendamment de la maladie justifiant l’admission, l’hôpital propose trop rarement une alimentation attractive. C’est aussi le cas en institution.

•La consommation abondante de médicaments en début de repas est source d’anorexie. Beaucoup de médicaments modifient le goût ou induisent une hyposialie.

•L’abus d’alcool…

•La dépression : la prise alimentaire ne peut se normaliser que si la dépression est traitée.

Les vitamines sont des substances qui n’apportent pas d’énergie mais qui sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Elles interviennent en faible concentration dans de nombreux processus vitaux. Dans la plupart des cas, notre organisme est incapable de les synthétiser.

•Un manque de vitamine B12 a des conséquences sur la santé mentale et entraîne une dégradation des fonctions cognitives.

•Un manque de vitamine D, résultant le plus souvent d’une exposition trop faible à l’air extérieur et à la lumière solaire a un impact sur la santé osseuse (risque accru de fractures). Il peut sans doute aussi avoir des conséquences plus larges (par ex. baisse de l’immunité, dégradation des fonctions cognitives).

•Un manque de vitamine A, se traduit par des troubles dermatologiques,

(cutanés : dessèchement, hyperkératose ; muqueux : sécheresse, ulcérations bronchiques, digestives et oculaires), des troubles visuels (héméralopie ou cécité crépusculaire), des troubles de l’ossification et une diminution de la résistance aux infections.

•Un manque de vitamine B3 entraîne un fourmillement dans les pieds et les mains, une perte d’appétit, une fatigue, des maux de tête, des vertiges, une hyperréactivité de la peau exposée au soleil et des fluctuations de l’humeur. La pellagre apparaît en cas de carence grave en vitamine B3 (maladie de Hartnup).

•Un manque de vitamine B1, se traduit par des signes généraux (asthénie, anorexie, amaigrissement ), cardiaques (atteinte du myocarde, insuffisance cardiaque ) et neurologiques (paresthésies, hypo-esthésies, amyotrophie, douleur à la pression du mollet, hyporéflectivité et, sur le plan caractériel, irritabilité, troubles de la mémoire, impossibilité de se concentrer).

Dans les cas de déficience grave, des encéphalopathies peuvent apparaître (psychose de Korsakoff, désorientation, amnésie, encéphalopathie, confusion, troubles de l’équilibre).

•Un manque de vitamine K est rare chez l’adulte, mais peut apparaître en cas de maladie grave du foie, des voies biliaires ou de l’intestin.

Une carence en vitamine K entraîne une défaillance de la coagulation sanguine (hypoprothrombinémie).

•Un manque de vitamine C se traduit par le scorbut. Les fumeurs ont des besoins accrus en vitamine C, car le tabagisme réduit le taux de vitamine C dans l’organisme. Les carences se manifestent par de l’asthénie, un amaigrissement, des céphalées, des douleurs osseuses, une moindre résistance aux infections et des troubles hémorragiques.

Une carence grave se traduit de plus par l’apparition d’hématomes et d’hémorragies gingivales.

Un manque de vitamine B9 se traduit par une diarrhée, une perte d’appétit, une baisse de poids, une inflammation de la langue (glossite), des maux de tête, une altération des muqueuses du col de l’utérus et du vagin, une affection des muqueuses des intestins et de l’estomac et une anémie mégaloblastique.

Un manque de vitamine B6 est associé aux symptômes suivants : irritabilité,

dépression, confusion, inflammation de la langue (glossite), dermatite séborrhéique, inflammation des commissures des lèvres et anémie sidéroblastique.

Très souvent, ces maladies sont réversibles, lorsqu’elles sont prises en charge précocement, mais peuvent malheureusement devenir irréversibles si la recharge vitaminique n’est pas réalisée. Ce cas est malheureusement souvent observé dans les pays pauvres.

Les conseils du spécialiste

Dr Azzabi Samia,

Médecin principal gériatre

Hôpital Régional Mohamed Taher Maamouri Nabeul

·A chaque consultation, on doit vérifier l’ordonnance pour éviter les complications.

·Les carences ne peuvent être dépistées qu’après un examen médical.

·Les symptômes des carences sont parfois mal identifiés. Ils ont, parfois, les mêmes signes que le diabète, l’hypertension ou même la dépression.

· Laisser la personne âgée participer à l’activité quotidienne.