Vivre à Deux

Le blues du quarantenaire « Je ne fais pas ce que j’aurais voulu faire »

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Le blues du quarantenaire « Je ne fais pas ce que j’aurais voulu faire »

André Mathieu a dit «Quarante ans. Un jour difficile. Un cap à franchir. Une vie questionnée». C’est certainement un cap à franchir mais cela ne doit pas forcément se passer dans la douleur. Crise, bilan du chemin parcouru, premières rides, premiers cheveux blancs, le tableau n’a pas l’air réjouissant et pourtant, la quarantaine, avec ses bleus à l’âme et ses petits bobos peut être une étape-clé sur le chemin d’une presque nouvelle vie.

par Sonia Bahi

Lorsqu’on arrive à la quarantaine, on pense qu’on n’a plus droit à l’erreur, que nos choix sont définitifs et on se pose des questions sur le chemin accompli, tant au niveau professionnel qu’au niveau personnel. Et on a l’impression qu’il est trop tard. Pourtant, c’est loin d’être le cas. D’ailleurs, certaines d’entre nous ne décident-elles pas de faire un bébé à quarante ans ?

Il ne s’agit pas de nier le passage du temps mais d’apprivoiser notre peur de vieillir tout en sachant que des solutions existent pour prévenir et guérir les effets de l’âge. Ce qui fait de la quarantaine un passage difficile autant moralement que physiquement, ce sont en grande partie les déséquilibres hormonaux qui annoncent des années à l’avance l’arrivée de la ménopause. Cette période peut durer plus de dix ans et a un effet direct sur notre système cardiovasculaire. C’est pour cela qu’il faut être très vigilant avec tous les facteurs à risque comme l’hypertension, la cigarette, la pilule, le surpoids, le cholestérol et le diabète.

Survivre sur le plan physique

A lire les journaux, à quarante ans pile zéro minute, zéro seconde, un déclin de nos fonctions vitales s’amorce. A partir de quarante ans, le métabolisme de base deviendrait plus lent et brûlerait naturellement moins bien les calories. On aurait tendance à stocker les excès et prendre du poids qu’il serait de plus en plus difficile de perdre. Il faudrait surveiller de très près son tour de taille qui, selon les médecins, ne devrait jamais dépasser les 88 cm. En effet, au-delà, on verrait apparaître les fantômes effrayants de l’hypertension artérielle, des maladies cardiovasculaires et du diabète de type 2. Autant dire que l’on serait pratiquement à l’article de la mort ! Sans minimiser ces risques qui existent réellement, il ne faut pas oublier que c’est loin d’être inéluctable. Ce qu’il faut, c’est entretenir sa masse musculaire pour continuer à consommer de l’énergie même au repos et cela s’obtient… je vous le donne en mille, en pratiquant une activité sportive.

Nul besoin de s’inscrire dans une salle de sport si l’on n’en a pas envie, marcher une bonne demi-heure chaque jour fait l’affaire, tout comme jardiner ou sortir le chien. On peut trouver mille et une façons de bouger sans en avoir l’air. Une pratique sportive permettra également de garder une bonne densité osseuse et éviter ainsi l’ostéoporose plus tard. Bien sûr, l’alimentation joue aussi un rôle important.

Il n’est pas question de régime. Ce qu’il faut c’est augmenter et varier sa ration quotidienne de légumes et réduire le gras et le sucre. On le sait, c’est plus facile à dire qu’à faire mais la progression et la constance sont la clé. Ainsi, si l’on met généralement 50 g de beurre dans une recette, on peut commencer par en mettre uniquement 40. On peut aussi mettre un demi-sucre en moins dans son café. De petits gestes, qui sur le long cours, pèseront sur la balance de la forme.

Faire de soi sa priorité

-Soyez à l’écoute de vos envies et de vos besoins, même ceux que vous jugez puérils

-Faites-vous plaisir, offrez-vous des cadeaux

-Apprenez à dire non

-Accordez vous des pauses détente durant la journée, la semaine, le mois

Franchir le cap avec joie bonne humeur !

On dit que la quarantième année est l’année de tous les dangers. Ce serait l’année où les maris partis acheter un paquet de cigarettes chez le buraliste du coin ne reviennent jamais et où des épouses fidèles s’enfuient avec le plombier, âgé de vingt ans, sans laisser d’adresse. Soyons sérieux, c’est loin d’être un comportement général et c’est rarement aussi dramatique même si parfois on a un sentiment de vide ou d’inaccompli qui donnent envie de s’en aller très loin et de changer de vie, voire de peau.Ce drôle de sentiment mélange de la tristesse à la réalisation soudaine qu’on n’est pas immortel, que le temps qui nous reste n’est pas infini. On peut relativiser, à 20 ans non plus, on n’est pas éternel et le temps nous est toujours compté. Et puis, il ne faut pas exagérer, à quarante ans, on n’est pas à l’article de la mort non plus, et il reste du temps pour réaliser certains désirs qu’on avait réduits au silence pour gérer d’autres priorités.

Il est toujours possible de démissionner de ce boulot qu’on déteste pour se consacrer à la photographie ou d’aller passer un mois en Australie avec les kangourous. Il faut avant tout parvenir à se convaincre que, si on le veut vraiment, on peut faire toutes ces choses qui nous semblent hors de portée. On peut également choisir de continuer à vivre la même vie exactement de la même manière mais ce sera notre choix. A partir du moment où on réalise qu’on a le choix, le sentiment d’impuissance et d’échec tend à disparaître.

Le contact humain, c’est ma vraie passion

Zina, 39 ans, commerciale pour une firme pharmaceutique

« Ma crise à moi s’est déclenchée avant la quarantaine fatidique, il y a un an exactement. Sur un coup de tête j’ai décidé de quitter un travail que je faisais depuis 12 ans mais où j’avais de plus en plus de mal à me rendre tous les matins. Je détestais mes collègues, je détestais les tâches que j’effectuais et je détestais mon patron ! Le seul avantage, c’était le salaire élevé. Quitter mon job me laissait sans ressources mais c’était devenu vital, je m’étiolais comme une plante privée d’eau. J’ai retrouvé un emploi dans la semaine, que j’adore parce que je suis en contact avec la clientèle. Et le contact humain, c’est cela ma vraie passion ».

La crise de la 40aine , c’est totalement surfait

Miriam, 43 ans, chef d’entreprise,4 enfants

« La quarantaine, je ne l’ai même pas vue passer. J’étais trop occupée à jongler entre ma vie de famille et ma vie professionnelle. Pour moi, cela n’a eu aucune incidence, c’est passé totalement inaperçu. La crise de la quarantaine, c’est totalement surfait ».

ça été comme un électrochoc

Selma, 45 ans, mère au foyer,2 enfants

« Avoir quarante ans a été pour moi comme un électrochoc. J’ai regardé ma vie et j’ai détesté ce que j’ai vu. J’étais ce que l’on appelle une femme soumise. Mon mari était tyrannique. On devait manger à heures fixes avec un certain nombre de plats. Mes sorties étaient comptées et cinq minutes de retard déclenchaient une crise de furie chez lui. Je vivais dans un stress permanent. A quarante ans, j’ai décidé qu’il n’était pas possible que je vive les 20 ou 30 années à venir sur le même mode destructif et bien que sans travail, j’ai décidé de divorcer. Aujourd’hui, je suis épanouie, je fais des travaux de couture à la maison et avec ma pension alimentaire, je m’en sors bien. Pour rien au monde, je ne reviendrais en arrière ».

Et chez ces messieurs ?

Mesdames, consolez-vous, l’homme n’échappe pas à la crise de la quarantaine non plus avec ses remises en question et ses doutes et son célèbre démon de midi ! Mais c’est surtout physiquement que les 40 ans peuvent s’avérer lourds sur la balance si on a été négligent avec sa santé. La bouée qui s’installe autour de la taille met en garde contre le surpoids qui guette. C’est le moment de surveiller veines et artères pour éviter varices et maladies cardio-vasculaires. Diabète, hypertension et arthrose peuvent également pointer le bout de leur nez. Un bon régime alimentaire associée à une activité sportive peut éviter pas mal de tracas.

« Carpe diem »

Il est vrai que l’existence ne dure qu’un temps mais c’est justement ce qui la rend si précieuse et vivre pleinement sa vie ne veut pas toujours dire grimper au sommet du Kilimandjaro à mains nues ou faire du saut à l’élastique dans le Grand Canyon.

Cela peut simplement être le fait de se réveiller aux côtés de la personne que l’on aime, ou le sourire de son enfant ou ce dossier qu’on arrive toujours à boucler malgré le stress et les deadlines. Cela peut être tous ces menus plaisirs du quotidien auxquels on ne fait plus attention parce qu’on se focalise sur de petits ennuis montés en épingle.

Déjà, on pourrait commencer par arrêter de remettre toujours à plus tard ces choses qu’on a envie de faire. Réaliser les petites envies, simples à mettre en pratique, encourage à le faire par la suite pour les grandes. Il faut se poser un moment et définir ce que l’on veut de la vie, ce qui nous rend heureux et faire davantage de choix qui nous correspondent et surtout, il faut arrêter de se gâcher la vie avec les regrets de ce qui a été mal ou pas fait. On fait toujours de son mieux dans n’importe quelles circonstances et on apprend de ses erreurs. Donc, au placard les regrets ! Il faut apprendre à vivre l’instant présent.■