Vivre à Deux

Je mens tout le temps !

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Je mens tout le temps !

Le mensonge… tout un programme. De manière simple, on dira qu’il s‘agit de l’énoncé d’un fait contraire à la vérité dans l’intention, en général, de tromper. A ce titre, le mensonge est considéré comme « mal » par la morale et la religion.

par David Rivory

Mais, si l’intention n’est pas de dire la vérité, on se sert également du mensonge pour ne pas blesser son interlocuteur ou dans le cadre de relations sociales que l’on souhaite conserver cordiales. Hormis cet aspect, il existe cependant des gens qui ne peuvent s’empêcher de mentir jusqu’à un point qui frise la pathologie.

Tout le monde ment et tout le temps. Si, si je vous l’assure. Allons ! Qui n’a pas un jour enjolivé un brin ses dernières vacances ou sa rencontre avec le « super beau gars dans le métro » qui vous a fait un sourire quand, en réalité, il ne vous a même pas regardée… Et lorsque votre copine Samia vous a demandé ce que vous pensiez de sa nouvelle coupe de cheveux- une horreur !- ne lui avez-vous pas dit que ça lui allait très bien, pour ne pas lui faire de la peine ?

Et la politesse alors ?

La politesse peut toucher, dans certains cas, au mensonge, ou au moins à une certaine hypocrisie: le «bonjour-au revoir» accompagné parfois d’un sourire feint, les discussions entre voisins que l’on affecte de trouver passionnantes pour ne pas vexer, etc. L’étiquette, les règles de conduite en bonne société, relèvent de la même logique, ainsi que la diplomatie. Ces comportements, à plus d’une occasion insincères, ne reflètent pas une relation vraie, bien qu’ils soient utiles à la société, et parfois même, à condition qu’il s’agisse de l’exception et non de la règle, à l’intérieur d’un couple. Ils constituent comme un ciment de leur continuité.

Mensonge VS. mythomanie

Mais si l’on ment aussi de manière malicieuse parfois, pour obtenir un avantage, par peur, par haine ou par égoïsme, il en est pour qui ce mensonge est érigé en quasi art de vivre. A partir de ce moment là, on arrive sur le terrain de la mythomanie. Les mensonges permanents de la personne cachent bien souvent de profondes blessures : manque de confiance, image de soi dévalorisée… Le menteur, au final, n’existe plus que par ses mensonges. Dans ce cas, une aide psychologique peut aider le menteur pathologique à se sortir de cette spirale du mensonge.

Les 4 mensonges

Le mensonge joyeux, énoncé pour plaisanter ou se moquer quelque peu. Les deux parties sont de connivence sur le fait que l’information mentionnée est fictive.

Le mensonge officieux, que l’on énonce pour rendre service à autrui ou à soi-même. Ce mensonge est alors considéré comme plus ou moins grave, selon ce dont il s’agit et en fonction des circonstances qui l’accompagnent.

Le mensonge pernicieux, qui a non seulement l’effet, mais le but de nuire à autrui. Ce mensonge est naturellement considéré tant par la morale que par la religion comme le plus grave des trois.

Le mensonge blanc, qui vise à ne pas heurter autrui mais qui est aussi appelé « mensonge pour ne pas faire de peine ».

Leila, 18 ans

« Voilà, j’ai dix huit ans, et je suis mythomane. Je n’arrive pas à m’empêcher de mentir, sur tout et n’importe quoi. Pour me donner de l’importance ? Par peur de l’horrible ennui de mon quotidien ? Je n’en sais rien. Le pire, c’est que les gens croient que je suis honnête ; je mens « bien », je sais comment faire croire telle chose, en faisant telle tête, ou en me mettant à pleurer au moment opportun.
Résultat, aucune raison d’arrêter, et ça va du prétexte bidon pour avoir raté un rendez-vous, à des trucs plus ou moins importants, et à des choses vraiment graves. J’ai dit avoir été victime d’attouchements pendant mon enfance, j’ai fait croire que j’avais des copains, etc.
J’ai l’impression que quand je mens, je maîtrise ma vie, qui je suis, celle que je vais devenir. Je ne serai pas celle que je suis aujourd’hui si je n’avais pas menti. Et j’aime celle que je suis, même si j’ai l’impression d’être une imposture.
C’est mon secret, le seul vrai secret que je n’ai jamais dit à personne, parce que personne ne peut, ne veut l’entendre, et que si quelqu’un s’en rendait compte, je serai reniée de tous.
Quelquefois, j’ai envie de disparaître dans le néant auquel j’appartiens. Parce que, en dehors de mes mensonges, je ne suis rien ».